- zo6 Journal des Observations
170;. Après avoir paílc quelques jours à S. Pierre , je retour-Octobre, nai à Phabitation. Je passai par le Fort Roïal, où j’eus l'hon-ncur de saluer Monsieur deMachault Lieutenant général desIílcs Sc Terrc-Ferme de l’Ameriquc , il m’arrêta deux joursavec lui> Mr. la Touche dont Phabitation n’estqu’à une lieuedu Fort Roial, venoit le visiter tous les jours, j’eus occasionde faire connoissancc avec lui, comme il avoit appris parMr. de Machault le sujet de mon volage aux Ifl.es , il m’offritson habitation Sc ses services ; le Seignor Gaspard Martin,m’avoit dit en secret, que Mr. la Touche écoit un désinté-ressés du Vaisseau, dont il m’avoit parlé ; je fus ravi de cetteoccasion. En remerciant Mr. la Touche , je le priai, fansm’expliquer d’avantage, de se ressouvenir des offres de ser-vice qu’il venoit de me faire. On verra dans la fuite, queDom Gaspar , Sc Mr. la Touche me tinrent parole.
Premier Oftobre .
Depuis mon départ de Phabitation, il ne se paíla rien ,qui pût être avantageux aux Sciences &c aux beaux Arts s jc visseulement entre les mains d\in Capitaine de barque qui ve-noit de la Grenade, un animal appelle Manicou, jel’exami-nai d’assez près, Sc j’en sis la Deícription suivante.
DESCRIPTIONDu Manicou.
L E Manicou est un animal singulier, & de la nature desmonstres, ainsi que j'ai remarqué dans mes réflexions furle volage de Mr. Frezier à la mer du Suds celui que je vis,me parut comme un composé du Rat, du Renard , du Singe& du Blereau ; il reflemble à celui-ci par son poil fauve mêléde noir, &: aussi mollet que de la laine fine : sa tête est sem-blable à celle d’un renard , aïant le museau long Sc pointu,& les dents fort aiguës; fa queue Sc ses oreilles diffèrent peude la queue Sc des oreilles d’un rat, quoiqu’elles soient plusgrandes Sc plus étendues ; ses pattes 11e diffèrent de cellesdu singe , qu’en ce que leurs doigts ne font pas si longs, Scqu’ils font armés d’un ongle fort crochu.