Physiques , Mathématiques et ‘Botaniques. 301célébré la fête de certe Sainte je m’arrêtai pour entendrelc Sermon , & des qu’il fut fini, je me retirai à bord, où jcp allai lc relie du jour.
xxvii. Juillet.
Notre Capitaine traita Mr. lc Gouverneur , quelquesOfficiers, &: le Curé de la Pareille, cc fut dans la maison decampagne de cc dernier, bâtie dans une fort agréable solitudesur le bord de la rivière, bordée de chaque coté d’arbres dehaute-lutaye : la rivicre contribue surtout à en rendre le sé-jour délicieux , ses eaux par leur doux murmure flattentagréablement l’oreille , Se les yeux ne sont pas moins satis-faits d’en voir la surface couverte de petites lames d’or très-minces, Se fans consistance, puisqu’elles s’cvanouistênt en lesmaniant. L'on peut juger de-là que cette riviere est abon-dante en or, l’on m’aíîura même que plusieurs personnesavoient trouvé près de fa source des monceaux d’or pesantdepuis une jusqu’à deux onces. Cette source est aux pieds deshautes montagnes de Saintc-Martfic, où il y a des mines deplusieurs métauxmais les neiges qui y sont éternelles , &les froids extraordinaires qui y règnent , empêchent les Es-pagnols d’y travailler. Quoiqu’il en soit , cette rivicre rouleavec elle quantité de poudre d’or, &: l’on y en trouve aù fond;ainsi les Espagnols de ces quartiers ne doivent s’en pren-dre qu’à leur fencantife, s’ils sont aussi misérables. La pau-vreté est si grande parmi eux , que le Curé qui nous prê-ta fa maison , ne put pas nous fournir une nape pour cou-vrir la table, & comme nous n’y avions pas prévu , on futobligé de sc servir de feuilles de bananiers. II n’y avoit cuque neuf personnes de conviées au repas que donnoit notreCapitaine, cependant avant même qu’on se mît à table, ily avoit déja tant de monde , que nos places sc trouvèrentprises par des gens qui nous étoient tout-à-fait inconnus.Comme les habitans de ces quartiers ne mangent que dupain de m ays & de castave , S c qu’il s ne boivent que del’eau , c’est un grand régal pour eux , que de trouver duvin He du pain d^* froment , ainsi fans qu’on les priât , ilse trouva allez de gens qui s’inviterent eux-mêmes, &r l’onne pût les refuser, surtout étant dans un pais où l’on a be-soin de tout le monde.
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V
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1704.
Juillet.