xxxvìfj PREFACE.
ficultez, & dc quelle exactitude on doit être dans les ob-servations dont on doit se servir dans la détermination deslongitudes. M. Frezier applanit &c assranthit toutes ces dif-fïcultcz. II dit hardiment parlant de fa longitude estimée,je l’ai trouvée rectifiée par l'observation du Fere Feuillée ;qui met la Conception par 6s. degrez 32.. minutes, il a ou-blié les 30. secondes dont je lui fais grâce , mais non pasdes dix degrez qui manquent ; car dans mon Journal il doity avoir lu 75. degrez 31. minutes 30. secondes ; on peutremarquer ici par fa mamere de parler ( par l’ observation )que je ne me fuis pas trompé ailleurs, lorsque j’ai dit, qu'iln’est pas au fait de ces matières ; car il auroit dû dire par lesobservations , puisqu’elles font en assez grand nombre, &: nonpas par l observation ; il nous auroit peut-être convaincu dela justesse cíe ses estimes , s’il eut rapporté tous les cas dcfa rectification, tels que font les routes, les vents qui ré-gnoient durant fa navigation , & le chemin que le navirefaifoit toutes les 2.4. heures ; mais il faut lui passer bien deschoses qui ne font pas dc sa portée à caisse des réductionsennuïeufes qu'il lui auroit fil lu faire , qui font apparem-ment au-dessus de fa connoiífancc.
Voici dans la page 246. le chef-d’œuvre de M. Frezier.La Géographie qu’on cultive depuis plusieurs siécles , n’avoitencore pû nous assurer de la longitude de l’îlc de l’Afcen-sion , quoiqu’une infinité d’habiles Pilotes eussent emploietout leur fçavoir, & toutes leurs connoistanccs pour arriverpar leurs estimes à point nommé à cette île : voici comme ilparle ; le Dimanche 8. Avril nous eûmes connoijsance de l’Îledc l’Ascension , lorsque par mon efiime je devois la voir à pointnommé ; il trouva donc par son estime que la longitude decette île étoit de 346. degrez ij. minutes. II confond ici l’îledc Fer, avec celle de Tencnf, &: il marque ne fçavoir nila position de Y île de Fer ni celle de l’île dc Tenenf ; il estvrai qu’on n’a eu jufqu’aujourd hui aucune observation quidétermine immédiatement la distance à Paris , ni de l’uneni de l’autre.
Je n’eus pas le même bonheur que M. Frezier dans lovolage que je fis à la Mer du Sud. Après nôtre départ deFrance, nous allâmes mouiller à l’île de Fenerif ; cela medonna occasion de prendre pour premier Méridien dans le