n'8« HTSTOIRE CIVILE
», commences le quatre à les assembler : le dix-neuf après-midi est le plus fa-», vorable. Le neuf est encore fans danger, il est bon pour planter 8c pour», augmenter une famille, jamais il n’a cté marqué par aucun événement fà-», cheux.
», Mais peu de personnes savent que le vingt-neuf est excellent pour gou-», dronner les tonneaux, pour atteler les bœufs, les mulets, les chevaux, pour», mettre un navire en mer : plusieurs n’osent pas s’y fier.
», Le quatre , perces ton tonneau ; le quatorze est le plus sacré de tous :-, quelques-uns croient que c’est le vingt-quatre au matin ; l’après-midi est plus», favorable.
-, Voilà les jours les plus heureux pour tout le monde ; les autres font in-», différais , ne présagent & ne causent ni bien ni mal ; l’un préféré celui-ci,»» l’autre celui-là ; mais peu font en état d’en dire les raisons. Souvent un jour»» est malheureux , d’autrefois il est meilleur
On voit par-là que le nombre neuf, seul ou accompagné de dixaines, dix-neuf, vingt-neuf, étoit universellement heureux , de même que dix, vingt,trente. Ce qui résultoit des hautes idées qu’on fe formoit de neuf 8c de dix. Ilen est de même du sept & du dix-fept ; des quatre, quatorze & vingt-quatre.Le trois, le cinq & le treize étoient des jours malheureux. C’est à peu-près lamoitié des jours du mois : les autres jours étoient indifférais. On ne comp-toir ainsi fur tous les jours du mois qu’environ deux on trois jours funestes.
Tels font encore les Almanachs de Liège & de Marseille, ou de Lanfi-berg 8c de Larrivay 8c le Messager Boiteux ou Almanach de Baie. On y voitque le Printems est bon pour planter, l’Eté pour moissonner, PAutomne pourvendanger, l’Hyver pour se chauffer : & que tels jours font bons pour semarier, pour se purger ou se saigner, pour couper du bois ou ses ongles, &autres choses de cette nature , dont nous rions maintenant , mais qui occu-poient sérieusement l’Antiquité, 8c qui tyrannisent encore nombre de Nationséclairées & spirituelles, mais que de vils intérêts particuliers empêchent de se-couer ce joug.
On pourroit rapporter ici nombre de faits qui prouvent les funestes influen-ces qu’avoient ces idées superstitieuses pour les Nations enticres.
Lorsque les Athéniens demanderait du secours aux Lacédémoniens contreXerxès qui avoit déja envahi une partie de la Gréce , les Lacédémoniens ré-pondirent qu’ils ne se meuroient pas en chemin avant la pleine Lune ; touteguerre commencée avant ce teins-là ne pouvant être heureuse.
I.es Romains se laissèrent battre , parce qu’un de leurs Généraux avoit fait