ipo HISTOIRE CIVILE
»> Soury , c’est-à*-dire Mècredi de malheurs ( ou le malencontreux ) ; mais en«général,le Mccredi est un jour blanc ,comme ils. rappellent, c’est-à-dire un«jour heureux; Se cela, disent-ils, parce que la lumière fut créée ce jour-là;« aussi ne commencc-t-on que ce jour-là de Rappliquer à letude Sc aux« Lettres ».
Ces préjugés, ces superstitions ridicules qui pèsent avec tant de tyranniefur les Orientaux, nous font pitié : mais c’est le portrait de nos Peres ; ç’eûtété le nôtre, si l’Astrologie judiciaire qui avoir subjugué l’Europe entiere n’a-voit été anéantie par les plus beaux génies du siécle dernier , qui réunirenttous leurs efforts pour en faire sentir l’abíùrdité , Sc pour nous débarrasser dece joug humiliant. Leurs Ouvrages, devenus inutiles depuis que le mal a ces-sé , nous paroissent des visions : on ne conçoit pas qu’ils ayent pu travaillersérieusement fur ces objets ; on croit lire des contes d’enfàns. Ainsi , la pos-térité croira lire des contes d’enfans , lorsqu’elle verra les efforts qu’il a falludcs-lors pour détruire d’autres préjugés qui ne cédoient en rien à celui-là.Heureuses les Nations, lorsque les lumières Sc les effets de l’ordre Sc du bienauront fait un tel progrès au milieu d’elles, quelles ne connoîtront que paroui-dire, par une tradition qu’on aura peine à croire , les désordres quiternissent encore la gloire du genre humain , Sc dont notre siécle n’a pu fedébarrasser malgré les efforts de la lumière.
CHAPITRE VI.
Des Jours Egyptiens .
ILi O r s qu i dans ces derniers tems on commença de rassembler les Monu-mens de l’Antiquité , on fut fort étonné de trouver dans les CalendriersEuropéens construits depuis le troisième siécle de l’Ere Chrétienne , des joursdistingués des autres fous le nom de Jours Égyptiens. Ceux qui firent cettedécouverte ne pouvoient comprendre ce qu’on avoir voulu désigner par-là :mais on s’assura bientôt que ces jours étoient ceux qu’on regardoit commefunestes, Sc dont nous avons vu qu’Hésiode fait mention. Le nom qu’onleur donne prouve feulement que les Sages Egyptiens n’avoient su se garantirde cette foiblesse, commune si long-teins à tous les Peuples.