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Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne considéré dans l'histoire civile, réligieuse et allégorique du calendrier ou almanach / par M. Court de Gébelin
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HISTOIRE RELIGIEUSE

repos écoient frcquens, on voulut les mettre à profit, on en fit des jours defête , des jours dastemblée & de réjouiflance.

Ces jours étoient le triomphe de lAgriculture. Que la scène quils offroientétoit différente de celle quoffrent ces Contrées disgraciées l'on nentendirjamais les cris de joie du Moissonneur, ne regnerent que les courses si-lentieuses & inquiettes de quelques hordes sauvages qui erroient à laventure,comme les loups dans les forêts ! Quon se représente tous les Habitans dunCanton quils ont mis en valeur & qui promet, ou même qui a déja donné desuperbes récoltes, espérance de leurs familles ;tous ces Habitans, dis-je, réunisautour dun Autel dans le centre de leurs habitations, pour témoigner à laDivinité leur vive reconnoistànçe des biens dont elle les comble, 8c pour yrecevoir une instruction relative a leurs travaux Sc à leurs devoirs : ces Habi-tans répandus ensuite dans le bois sacré sanctuaire de la Divinité quon yadore , ou disperses fur une vaste prairie le long de ce fleuve qui arrose leurspossessions Sc qui les vivifie ; Sc ils offrent les spectacles les plus variés Sc lesplus agréables. Ici des groupes de vieillards qui sentretiennent du bonheurpublic , des objets de leurs travaux Sc de leur commerce, du foin de leurs fa-milles : , de jeunes gens qui sexcrcent à mille jeux , Sc qui disputent à len-vi à qui montrera plus dadrçfle & de force ; ailleurs une brillante jeunesseplus tranquille, couverte de fleurs, qui joue à des jeux moins vifs, ou quisourit au vainqueur: par-tout la joie Sc la sérénité empreintes fur toutes leçphysionomies , Sc publiant que est le bonheur.

Quon se représente toutes ces choses, Sc lon naura quune foible idée desFêtes des Egyptiens, des Grecs , des Romains, de ces anciens Peuples quisavoienr que sens émulation il ny a rien à attendre des horpmes, que senselle rien nexiste ou tout languit.

Toutes ces Nations célébrèrent des fêtes, devenues semeuses, soit par laréputation de ceux qui les célébroient, soit par la pompe qui accompagnoitces lolemnités, soit par leur rapport intime avec la Religion Sc avec lHistoiredes Dieux qui en étoient lobjet: aussi tiennent-elles un rang considérable dansla connoiísance de lAntiquité ; comme elles en tiennent un tres-distinguédans les Calendriers, lon indiquoit avec foin les Fêtes de lannée, asinque chaque famille se mît en état de les observer au tems elles avoientlieu ; & que les unes ne travaillassent pas , tandis que toutes les autres se dé-lassaient par la solemnité publique, de leurs fatigues passées.