-5 6 HISTOIRE RELIGIEUSE
Au commencement, disoient-ils, rien n’existoit hors la Divinité. Tout cequ éclaire la lumière du jour étoit Nuit : elle régnoit fur cet espace où fontcontenus tous les Etres. Enfin un œuf parut : la Nuit le couvre de ses ailes ;t Amour, le fils aîné du Pere dc toutes choies, seconde (és soins û'G&uf est fécon-dé , il s’ouvre : le Soleil , la Lune , en sortent , ils vont régner au haut del’Ewpyrée : les corps plus pesons s’abaistent, ils forment la Terre &c toutes sesdépendances. Alors la Nuit éternelle fait place a la lumière ; elle se retire au-de là des régions de la lumière, & chaque soir elle en revient pour couvrir defes ailes ténébreuses tour ce qui respire, pour réparer les forces des mortels,pour donner naissance à de nouvelles générations.
Cette nuit, cet œuf, fa fécondation, le Soleil, la Lune qui en sortent, nee’effacerent jamais de Pefprit des Peuples primitifs & fur-tout des Peuplesagricoles > ils en firent l’objet de leurs chansons socrées ; ils en conservèrent lesouvenir par ces œufs colorés qui accompagnoient leurs Fêtes ; par ceux quictoient sculptés dans les Cirques où ils célébraient leurs jeux, dans ces Cirquesqui étoient cux-mêmes, comme nous le verrons quelque jour , l'emblême dePUniveis & de ses révolutions.
§. IV.
Fables qui en naquirent.
Cet (Euf devint encore la base d’une multitude de Fables allégoriques, ab-surdes 5c révoltantes lorsqu on ne les rapproche pas de leur modèle ; maistrès-ingénieuses loríqu on en a la clef.
C’est à ces allégories qu’appartient celle d’Hercule né dans une Nuit triple.
Celle des Dioscur.es Phéniciens, tous deux fils de Jou & nés d’uu œuf!
Celle des enfans de Léda ou des Dioscures Grecs , nés également d’unœuf.
L’hístoire de PAmour qui présida à la naiísonce du Monde.
Celle de Vénus , née du sein des Eaux.
Celle de Sémiramis , née d’un œuf sorti des Eaux & que couva uneColombe.
Celle de cette même Sémiramis & celle d’Hélene , chacune femme succes-sivement de deux époux vivans.
Celle de Remus 5c Romulus , gemeaux comme les Dioscures, enfans deRhéa nourris par une Louve, dont l’un tue l’autre & lui offte ensuite un sacri-fice à la fin de l’année.
CHAPITRE