$oo' HISTOIRE RELIGIEUSE
gens, de bonnes mœurs ; & à nos vieillards des années tranquilles : accordezau Peuple de Romulus des biens, de la gloire , une féconde jeunesse. Que lesang illustre d’Anchise & de Vénus, qui vous immole aujourd’hui des Génis-ses blanches, régné long-tems fur nous (i) ; qu’il triomphe de Pennemi armé,qu’il relève l’ennemi abattu.
Que le Méde redoute des armées terribles Sc fur terre Sc fur mer ; qu’itcraigne les haches Romaines. Déjà les Scythes , déjà les fiers Indiens atten-dent nos ordres. Déjà la Fidélité , la Paix , l’Honneur , l’antique Pudeur, & laVertu négligée, ne craignent plus de reparaître : dé j a l'heureufe Abondancenous comble de fes biens.
i er . Ch. Phœbus, Chef des Augures, dont l’arc est fi redoutable, & qui êtessi cher aux neuf Muses, qui par votre art salutaire soulagez nos membres ac-cablés, si vous regardez avec complaisance le Mont Palatin, comblez de biensRome & le Latium ; faites les prospérer de lustre en lustre , de siécle en siécle.
i*. Ch. Diane, qui vous plaisez fur l’Aventin Sc fur l’Algide , exaucez lesprières des Quindecemvirs, Sc prêtez une oreille propice aux prières de cesjeunes gens.
Les z Ch. Nous rapportons chez nous l’heureufe certitude que Jupiter Sctous les Dieux ont entendu nos prières ; douce récompense des hommagesque nous venons de rendre en Chœur à Phœbus & à Diane,
§. IV.
Ces Jeux étoìcnt célébrés en faveur du Soleil & de la Lune , fous les noms
£ Apollon & de Diane.
Ce Poème, unique en son genre, nous donne une idée des Jeux Séculaires,de leur objet Sc de la maniéré dont on les célébrois. On y volt deux Chœurscomposés d’enfans , comme nos Enfans de Chœur instruits au chant ; maisavec cette différence, que de ces Chœurs l’unétoit composé de jeunes filles, &l’autre de jeunes garçons : on trouvoit dans cette réunion des deux sexes plusenharmonie, ou plus de conformité avec la nature. D’ailleurs comme on ychantoit les louanges d’Apollon & de Diane , il paroissuit juste qu’elles fussent,chantées parla réunion des Chœurs consacrés à chacune de ces Divinités.
(i ) La famille des Césars se disoit descendue d’Iulus, fils d’Enéc Sc petit-fils d’Asvtchise Si de Vénus,