DU CALENDRIER. 31s
Yoírs envers la société , & fans porter] coup aux esters quelle étoit destinée àproduire pour le bonheur de tous.
On a prétendu qu’ils avoient cté établis pour détruit» les idées que lepeuple se formoit des Dieux du Paganisme, 5c pour faire voir que ces Dieuxétoienr tous des hommes qui avoient été déifiés à cause dçs services qu’ilsavoient rendus au genre humain.-
Mais H faudroit pour que cela pût être adopté, qu on en trouvât de preu-Ves dans l’Antiquiré, ce qui est impossible , l’Antiquité n’ayant jamais déifiédes hommes : tout ce qu’on a dit à cet égard ne sont que des- erreurs occasion-nées par l’ignorance dans laquelle on étoit du génie & du langage allégori-que des Anciens , donc on prenoit les expressions à la lettre ; Sc parce qu’onVouloir juger de l’Antiquité d’apres la conduite que les Romains tenoient àfégard de leurs Empereurs, lorfqu’ils n’étoient plus*
Aussi quel ne fut pas le déchaînement deí Payens contre ÊvhÉmérés , lorPqu’il entreprit de faire voir que les Dieux n’étoient que des hommes déifiés ! & àqu elles absurdités n’ont pas ctc réduits les Savans modernes qui ont suivi ses tra-ces, 5c qui'n’onc voulu voir dans les anciennes Fables que des faits Historiques ?
Cicéron peut avoir cru que les Mystères de tous les Peuples tendoient àfaire regarder les Dieux comme des » hommes vaillaiis, fameux ou puisiâns,,, qui obtinrent lés honneurs divins après leur mort, 5c que ces hommes» étoienr les Dieux qui faisoient l'objef du culte , des prières, des adorations
Maís Cicéron ccrivoit dans un rems où l'on ne pouvoit plus juger saine-ment de ces objets , parce qu’on avoir perdu le fil des allégories anciennesSc de l’Antiqukc preíqu’enriere*
Si l’on est tombé dans ces erreurs sor le bat des Mystères, c’est qu’on s’estlaissé séduire par l’idéé qu’on attachoic au mot de Myji'eres. On a cru qu’ilfignifioit une doctrine étonnante, contraire aux vues vulgaires & qui par-là-même & pour cela seul devoir être ensevelie sous le plus profond secret, depeur qu’on ne soulevât le Peuple.-
On st’a pas vu qu’ori fupposoit utìe chose absurde ; qu’il étoit impossibled’admettre, par exemple,dans le Peuple Athénien, qui participoir en entier'aux Mystères d’Eleusi's, deux Peuples , l'un initié qui ne reconnoiísoit qu’unDieu , 5c qui ne voyoit dans tous les autres Dieux que des hommes déifiés :l’autre profane , 5c qui oubliant tout ce qu’il avoir appris comme initié, ado-roi t ces mêmes hommes comme des Dieux.
Je fais bien' que les hommes se font souvent illusion ; qu’ils admettentcomme vraies des propositions inconciliables * mais iei k contradiction-eût