;8o HISTOIRE RELIGIEUSE
en songe, afin qu’il ordonnât de íà part au Peuple Romain de recommêncer íesJeux du Cirque & de les célébrer avec plus d'éclat : qu ayant négligé cet ordre »íòn fils était mort peu de tems après : qu’ayant eu après cela une seconde foiscette même vision, & l’ayant également négligée, il avoir été attaque dans toutíòn corps de douleurs insupportables ; & que ses amis lui avoient conseillé, enconséquence,de se présenter au Sénat :qu’à mesure qu’il s’acquittoit de là com-mission, ses douleurs se dissipaient, &c qu’il fut en état de retourner à pied chezlui. Ils ajoutent que ce qui avoir irrité Jupiter, c’est qu’avant la célébration desJeux, Atroniusj surnommé le Très-Grand, avoir fait battre de verges & atta-cher en croix un de ses esclaves, & l’avoir fait promener dans cet état à traversla Place publique, & dans tous les lieux les plus fréquentés de la Ville : qu’enconséquence, le Sénat fit punir cet homme , & ajouta aux Jeux du Cirque unjour qui en prit le nom d’injïauratitius.
Un savant Allemand ( t) tire l’origine de ce mot, àlinjtaurare qui signifie re-nouvelles , novare , comme dit Varron, & comme on le voie en ce sens dansClaudicn. Mais ce Savant se trompe , loríqu’il ajoute que ce mot n a rien decommun avec le Grec jlauros , une croix. Stauros ne désignoit pas seulementune croix , mais un poteau, un pieu, un pal y des palissades. Injiaurare étoitau physique rétablir une palissade dans son premier état ; on prit ensuite cemot dans un sens figuré, pour dire rétablir , rencuveller un objet quelconque.C’est donc le rapport du mot injlauratitìus , avec le mot jìauros , croix , qui aurafait inventer le conte de la croix à laquelle Atronius avoir attaché son esclave ;& qui est dans le goût de ceux fur lesquels on fondait rétablissement des JeuxSéculaires & tant d’autres Fêtes. C’étoit très-certainement une Fête destinée àdétourner de deflus les hommes, les maux physiques peints fous l’emblême deGéans, ou en mémoire de l’Hvver : le surnom de' Maximus s’y rapporte par-faits ment, tout comme celui d’Atronius qui se forma à'atro qui signifie noir,■furefe, épeuvcntable.
Telle étoit la manière dont cn célébrait ces Jeux. On commençait par pro-mener dans le plus grand des Cirques, les Statues des Dieux qu’on descen-doit cu Capitolesurdes brancarts & fur les chars sacrés destinés à cet usage. Le^>fils des Magistrats marchaient à la tête de la Procession. Les jeunes gens dontles pères étaient de l’Ordre des Chevaliers, la suivaient à cheval, tous en ordre•de bataille : après ceux-ci, on voyait des conducteurs de Chars, des Caraeol-
( 1 ) lUopb. Luiolph. Munt erus, dans fa Diiïcrt. fur ies Honneurs rendus aux-Efi-ataves 5 inférée dans les î\c v. Mise. Lips. Tcm, V. Pars I. 1747;.