J
A VERTISSEMENT.
L’amour du Prince & de la Patrie mont inspirécet Ouvrage. Je sens qu un sentiment íì noble méri-teroit un plus digne organe pour être bien exprimé ;mais j’ai cru qu’il suppléerait à mon insuffisance, ouqui! la ferait excuser, en supposant qu’une illusionsi précieuse A si chère à mon cœur me l’eût déguisée.J attends donc queìqu’indulgence de mes Lecteurs enfaveur du motif qui ma fait prendre la plume.
Je ne fuis point le seul Citoyen qui ait formé leprojet de célébrer les vertus que notre Auguste 8cjeune Monarque a annoncées en montant au Trône,& qui ait voulu les consacrer à la postérité. LesPoètes les ont chantées, les Artistes les ont montréesaux peuples fous d’ingénieuses allégories. Ces témoi-gnages de leur amour ont été mis fous les yeux duSouverain, & il y a paru sensible ; mais parmi lesMonumens divers du zèle patriotique, j’ai peut-êtreeu le premier le mérite d’en avoir imaginé un duneespèce, dont certainement le pareil n’exista jamais:Monument qui n’anticipe ni fur le temps ni fur lareconnoissance des peuples ; car je n’y ai mis que cequi est, & ce qui s’est fait jusqu a présent, 8c j y laisseplace pour y mettre ce qui se fera par la suite.