18 Discours
l. ers ÂGES
P U MONDE.
ÉGYPTIENS.
incliné non compris, d’où ion peut inférer Iépaisseur desmurs & le poids du total.
Ce qu’ií y a de plus singulier, c’est que cette masseénorme fut amenée d’Eíephantine à Saïs, à une distancede vingt journées. Deux mille hommes choisis employèrent,dit - on, trois ans entiers à la conduire à fa destination ; cequi fe fit fous le règne de Rameísès Miaun.
Jufqu’ici nous n’avons vu que des fabriques d un travailimmense, mais qui n annoncent pas le goût des proportionsrecherchées; passons aux Monumens qui unissent la magni-ficence & le goût à la grandeur.
Hérodote met au premier rang le tombeau d’Ofymandiasou Smendis, contemporain de David. Sur un labyrinthesouterrain s’élevoit au milieu d’un portique circulaire, unédifice de structure ronde, surmonté d’un dôme magnifique,dont le rez-de-chaussée, décoré à Iextérieur de colonnes& de figures colossales, renfermoit le tombeau de ce Prince,avec cette inscription ; je fuis le roi Ofymandìas, fi quel-quun veut fiavoir qui je fuis if où je repose , qu il surpasseles ouvrages que f ai faits. A fétage supérieur étoit labibliothèque des rois d’Egypte, dont ì’entrée portoit cetteautre inscription, remèdes de Famé. C est fous cet édificequ’étoit un labyrinthe immense, dont la construction aussiingénieuse que magnifique, faifoit fadmiration de í’Antiquité.Les Grecs, dont le goût étoit aussi sûr que fin, en jugèrentfans doute ainfi, puiíquils en construisirent à Lemnos & dansfille de Crète à fimitation de ceux des Egyptiens.
Mais quelque admirable que fut la construction duprécédent , Hérodote nous parle d’un autre labyrinthedouble, qu’iï met beaucoup au-dessus de ce dernier. II futconstruit, dit-il, fur les bords du lac Moeris près de la ville