i. ers Âges
DU MONDE.
ÉGYPTIENS.
JÉRUSALEM.
20 Discours
Si Ion demande actuellement quel fut I’objet des fon-dateurs de ces ouvrages immenses, dont rien avant euxn’oífroit de modèles aux Souverains de FÉgypte, & quin’ont point eu d’imitateurs dans les siècles qui ont suivi, Plinerésout ou plutôt tranche ïa question en disant ; que lesmonarques Egyptiens n en eurent point d’autre que de faireparade de leur puistànce & de leurs richesses, afin de íerendre célèbres dans les siècles à venir. Nous oserons trouverïa décision de ce grand homme un peu tranchante pour unPhilosophe ; nous pensons au contraire que ces Monumenspurent avoir un double objet, tous deux dignes délogés.
L’Egypte, de î’aveu de tous les écrivains de ì’Antiquité,fut le pays le plus fertile de ì’Univers. On fait que Iapopulation naît pour ì ordinaire de Fabondance, & qu elleest toujours en raison des subsistances, à moins que desvices moraux ou physiques ne s’y opposent. On fait auísique ïa population étoit prodigieuse en Egypte. Il falloitdonc occuper un peuple immense, dont 1 oisiveté eût puêtre funeste à l’Etat; il falloit entretenir dans les espritsfheureufe impression de la plus grande soumission à Fautorité,ou Finfpirer. II falloit fortifier dans les esprits le dogme def immortalité, si utile au gouvernement des peuples & auxprogrès des arts ; & s’il entra dans les vues des Souverainsde FEgypte de donner à Ia postérité Ia plus reculée, unehaute idée du génie & de Ia puissance de leur nation déjàsi supérieure à ses contemporains, ce projet n a rien en foique de très-louable, & nous ne voyons pas qu on puisteles en blâmer.
Nous venons de parcourir les principaux monumens deFantiquité payenne chez les Chaldéens & les Egyptiens ; ilest temps de passer au Monument le plus auguste & le plus
saint