SUR LES MONUMENS. 41
monumens publics, & ce font les efforts de findustrie, dela magnificence de ces nouveaux maîtres du Monde, quenous allons retracer.
Quand on considère don Rome partit pour arriver auplus haut période de la grandeur & de la puissance, on nepeut trop s’étonner que cette ville, qui fut dans son principeun repaire de brigands, un asile ouvert à tous les crimes,en un mot le foyer de l’incendie qui a successivement em-brasé toutes les parties de fUnivers connu, íoit devenuele centre des vertus les plus rares, du sublime héroïsine &la souveraine du Monde.
Dans 1 espace de deux cents quatre ans que les Romainssurent gouvernés par des rois, resserrés dans une ville fansterritoire, pauvre par conséquent, qui fous Romulus n eutqu’une enceinte de murailles assez foibles a , environnés denations jalouses & ennemies qu’il falloit toujours combattreou craindre, ils s’occupèrent peu des arts, en fans defabondance & de la paix.
Nuina, ce Philosophe Roi, Légisiateur & Pontife, avoitdéfendu de représenter la Divinité fous aucune formesensible b . Varron nous apprend que cent soixante-dix ansmême après la mort de ce Prince, on ne voyoit encoredans aucun temple de Rome ni images ni statues 0 ; si on enmit par la fuite, comme il y en eut en effet, elles n’y furentpoint un objet de culte, mais de pure décoration, jufquautemps où les Romains accordèrent, pour ainsi dire, le droitde cité à toutes les divinités des pays qu’ils conquirent.
II y a lieu de croire que si le gouvernement monarchiques’étoit conservé à Rome, le goût des arts s y íèroit forméSl soutenu par le voisinage de l’Etrurie & de la grandeGrèce, où ils avoient déjà fait de grands progrès; mais la
L
2. me ÂGE
EU MONDE.
1TAL JE.
ROME
ancienne.
* Dion. Haï.Ant. l/b. X.
Plutar. in vit .Solin. cap. II.
Emu. Annal,lib. U.
b Plut. in Num .lib. xxvi.
Varro apudA u ir. de ci vit.
Dá, lib. IV,
cap. 3 6.