2. me ÂGE
DU MONDE.
ITALIE.
ROM Eàncienne.
^6 Discours
ne laistà presque rien de ces modèles de perfection, dontla contemplation continuelle échauffoit Imagination desArtistes, & entretenoit la vie de sart. Athènes ne fut alorsque íe squelette d’elíe-même , semirutœ urbis cadaver.Le même Sylla en fit enlever le Jupiter Olympien, íaMinerve d’AIcamènes, & une infinité d autres statues qu’iífit transporter à Rome avec la bibliothèque dAppelíion.Thèbes, Sparte, Mycènes, avoient été dépouillées demême, & netoient pour ainsi dire plus. Ce Général, d’unnaturel dur & féroce, pilla les trois temples íes plus fameuxde la Grèce; celui d’EfcuIape à Epidaure, d Apollon àDelphes, & de Jupiter à Elis. La grande Grèce & laSicile étoient dans un pareil état de désolation fous lapréture de Verrès, & telle fut la malheureuse condition deces colonies Grecques jadis si fíoriíïàntes, quelles perdirentmême jufqu’à sufage de leur propre langue.
Les Romains sentirent enfin que pour leur intérêt même,il importoit infiniment de ne point éteindre le feu íacréqui avoit produit dans la Grèce Sc íes diverses colonies,tant de chef - d’œuvres ; Sc lorsque Ies édifices de Rome,tant civils que sacrés, surent pleins des précieuses dépouillesdes diverses contrées de ce beau pays, ils s appliquèrent àprotéger Ies arts dans leur vraie patrie. Les maisons Ies plusdistinguées de Rome employèrent Ies artistes Grecs dansleur propre pays. Cicéron y fit faire Ies statues dont il ornason Tusculum, Sc son ami Atticus étoit chargé de ce foinà Athènes. Verrès, ce Préteur qui fit tant de mal à laSicile, occupa, pendant un temps considérable, une infinitéd’artistes Grecs à tourner Sc à ciseler des vases dor d’untravail exquis.
Le luxe, qui de fa nature tend à se répandre, gagnoit