SUR LES M O N U M E N S, 6 I
ïes bains, dont aucune nation ne fit un plus fréquent usageque les Romains Sc fur-tout fous les Empereurs.
On fait que f usage des Anciens étoit de fe baignerfréquemment, uíàge qui contribue beaucoup à ïa conservationde ïa santé. A Rome îe citoyen tant soit peu aisé avoit sonbain particulier: il y eut jusqu a quatorze bains publics duneétendue immense Sc qui réuniífoient toutes íortes de com-modités. Les bains particuliers montèrent jusqu a huit centsquarante-fix, selon Publius Victor.
Entre les bains publics, ceux appelés B aine a Palatina,ceux de Paullus, dont on voit ïes ruines à Rome, qu onnomme encore aujourd’hui Bagna Poli , Sc ceux construitsdu plus beau marbre par Titus Cïaudius, furent ïes plusconíìdérabïes ; mais ce fut fur-tout dans ceux que firentconstruire ïes Empereurs, que ïes Architectes déployèrenttoutes ïes ressources de ïeur art. Ces bains, fi connus par ïeurdénomination de Thermes, nom que Ies Romains avoiememprunté des Grecs, réuniífoient à f immensité de ïeur cons-truction , toute ïa magnificence Sc ïes recherches du luxe ; cesbâtimens, outre une infinité de grandes pièces, de vestibules,de galeries, de portiques, étoient distribués en bains froids,en bains chauds Sc en étuves. Ammien Marceïïin, pourexprimer Ieur immensité, ïes compare à des provinces.
Capitoïin dit que le goût des bains fut teï que certainsEmpereurs, entr'aimes Commode, Gordien Sc Gaíien íèbaignoient souvent jusqu a sept fois par jour en été, Scjamais moins de deux fois, même en hiver. Les Empereursportèrent encore ce goût jusqu a fe mêler au peuple dansïes bains publics. Capitoïin ajoute que souvent ces Princesfoupoient dans ïes thermes qu’iís avoient fait construire, Scque Ies femmes étoient admiíes à ces sortes de parties, qui
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2.E ÂGE
DU MONDE.
ITALIE .
ROME
ancienne.