SUR LES M O N U MENS. I 2 7
On voit à Poitiers } ville très-décorée par les Romains,les restes d’un amphithéâtre Sc dun aqueduc considérables,dont les ruines se trouvent hors de ï’enceinte de cette ville.Parmi les monumens qui attestent son antiquité, il en est und espèce singulière qu’on appelle Pierres-levées, au villaged ’Auvillé Sc aux environs de ce lieu : ces pierres plantéesfur une même ligne, font la plupart debout; quelques-unesont été renversées, d’autres cassées. Ces monumens bruts,ou d autres d’espèces semblables, se trouvent assez commu-nément dans le Poitou, XAnjou Sc la Bretagne. La plusgrande de ces pierres a neuf pieds de baie Sc vingt-deuxpieds de hauteur;*on estime quelle peut peser cent cinquantemille livres : on en trouve de semblables dans les environs,Sc de plus considérables encore pour la hauteur Sc lepaisseur,dans les bois Sc les campagnes. Ces masses font de la mêmecarrière, Sc Ion ne peut trop s 'étonner que des pierres dunpoids austì considérable aient pu être transportées à de tellesdistances.
Entre Martigney Sc Villeneuve en Anjou, près duchâteau des Noyers, on voit quelques monumens de cetteespèce. Un des plus singuliers de ce genre est celui qu’onappelle Pierre - couverte, près de Saumur en Anjou : cemonument a cinquante pieds de longueur; il est composéde deux files parallèles de grès brut, distantes entr’elles deonze pieds, recouvertes de pierres semblables, qui formentun plafond de íept pieds de haut. Le côté de la campagneest fermé. La feule ouverture qu’il y ait se trouve du côtédu chemin de Saumur à Aíontreuil- Bellay. On en voitencore de semblables, aux environs de cette ville, de cellede Doué, ainsi qu’aux environs de Chinon Sc de Xljle-Bouchard, mais bien inférieurs à celui nommé Pierre -
3- me AGE
DU MONDE.
GAULES.