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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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3. me ÂGE

DU MONDE.

FRANCE

moderne.

i y S Discours

superbes, contre lesquelles les efforts des fleuves les plusrapides vont se briser, des ponts solides & hardis; mais toutecette magnificence, dirigée à futilité publique, ne f empêchepas de sentir tout ce que ces immenses travaux ont coûté desueurs & de peines aux habitans des campagnes (gj. Si

(g) Quand on fait attention à Immensité des travaux publics qui ont étéfaits en France fous les deux règnes précédens, on est étonné quun espacede cent trente ans, agité de guerres longues «Sc infiniment coûteuses, aitpermis de sen occuper & de les porter au point on les voit; mais ìéton-nement redouble lorfquon vient à considérer que ces travaux énormes fontíe fruit gratuit des sueurs des malheureux arrachés aux labeurs de l'agriculture& de la reproduction: usage cruel, qui na pu prendre sa source que dansdes temps aussi barbares que lui-même; cest-à-dire, dans ceux de lanarchieféodale, des Seigneurs, perpétuellement conjurés les uns contre les autres,donnoient asile aux gens de la campagne dans ces temps de calamité; mais lacause a cessé, & lon a laissé subsister lefíèt.

II est constant qu nest point de charges publiques plus onéreuses auxpeuples, & plus destructives de lagri culture, la première source de lopulence& de la félicité des Nations.

Des Magistrats éclairés & bien intentionnés, fe font particulièrement occupésde cet objet ; M. de Fontette dans la généralité de Caen, & M. Turgot dans celledu Limousin : mais plus ils ont approfondi la matière, plus ils fe sont convaincusque les corvées font limpôt qui pèse le plus, & le plus inégalement, furles sujets, en ce quil porte presque tout entier sur le cultivateur & lemanouvrier.

Cest mal-à-propos que les Subdélégués prétendent quon nexige ces sortesde travaux que dans les faisons lon est le moins occupé de ceux de laculture des terres; mais voyons quel temps on peut saisir dans lannée fansfaire un très-grand tort aux habitans de la campagne. Sera-ce du i, cr Marsau i.Novembre,ou de cette époque au i. cr Mars suivant: nous allons prouverque dans lun & lautre cas, les corvées ne font pas moins onéreuses?

Cest au commencement de Mars quon travaille à semer les menus grains,telles que lavoine, forge, les pois, les fèves, la veíce, les lentilles, le blé deTurquie, le lin, le chanvre, &c. Ce travail remplit les deux mois de Mars &dAvril. Suivent les premiers labours pour rompre les jachères, pour voiturerles engrais, ce qui conduit au temps de la fauchaison que fuit immédiatementla moisson, à laquelle succèdent fans interruption les travaux de la femaille desseigles, méteils & fromens, qui remplissent les mois de Septembre & Octobre;ce cercle de travaux occupe le cultivateur sept mois de satinée : les cinq autres