SUR LES MONUMEN S. xvij
cependant de beaucoup inférieur à celui du cardinal de Richelieu , dont nousavons parlé à l’article Sorbonne.
saint-sulpice.
Cet Edifice, l’un des plus considérables par se masse, de ceux de son genrequi soient dans la capitale, fut commencé fous le règne de Louis-Ie-Grand;mais à proprement parler, ce Monument n a été élevé & n’a été terminé quesous le règne du feu Roi, qui accorda toujours de grands privilèges & dessecours particuliers à cette grande Paroiíse pour accélérer la construction de sonÉglise.
Ce vaste Édifice a de très-grands défauts ; mais son ensemble forme un toutmajestueux & même imposant, lorsqu on y entre par son principal portail. Lefameux Servandoni à qui l’on confia la conduite de cette entreprise, commencéebien avant lui, fut malheureusement forcé de suivre l’ancien plan du corps def Église, dont même le choeur étoit élevé, & ne put se permettre, d’après sespropres plans, que la seule construction du portail & des tours qui l’appuyent.
Le premier ordre de ce portail fait le plus grand honneur à cet Artiste, ence qu’il eut l’adresse de dérober à l’œil la moitié des forces portant l'énormeentablement de son second ordre, par l’accoupíement qu’il fit en dedans de sescolonnes, en forte que le ípectateur fixé à une certaine distance, est néceíiàire-ment étonné, au premier coup d’œil, devoir une seule rangée de colonnes,dont le íust est prodigieux, & placées à une grande distance les unes des autres,porter un poids aussi énorme ; & dont i effet seroít encore bien plus frappant,íì une place de trente à quarante toises de profondeur se trouvoit en avantde cet Édifice. II faut pourtant espérer qu’on se déterminera un jour à supprimerles bâtimens du Séminaire, qui offusquent absolument cette belle perspective.
La tribune qui a été pratiquée, après coup , dans l’intérieur de l’Église poury placer le buffet d’orgue, est véritablement une décoration postiche & quin appartient point au reste de í’Édifice, avec lequel elle n’a aucun rapport,
L autel a de la grandeur, de la richesse, & semble avoir été construit pourétaler toute la pompe des cérémonies du service divin ; le baldaquin en l’air quile couvre, est une décoration très-mal imaginée.
La chapelle de la Vierge est magnifiquement décorée & d’un beau genre ;les tableaux en sont de Carlo Vanloo ; l’on y fait actuellement des embeíliísemensqui ajouteront encore à íà richeíse, sens rien diminuer de se décoration premièrequi est d’une noble simplicité.
Mais un monument qui mérite toute l’attention des amateurs des arts, est letombeau de feu M. Languetde Gergy, très-digne prédécesseur du Curé actuel, à quila Capitale doit cette grande & belle Basilique. L’on ne peut donner tropd’éloges au grand artiste, Michel- Ange Slot£, qui a composé & exécuté ce íuperbemausolée. Sur un socle d’environ cinq pieds de haut, au-devant duquel se trouveune table de marbre blanc portant l’épitaphe de 1 homme rare dont on a vouluconsecrer les vertus 5c les œuvres à la postérité, font deux génies de marbre