du Règne minéral. 75
toutes les pierres , font vitrisiables , soit par elles-mêmes ( en raison de leur mélange ) , soit par desFondans, soit par des degrés de feu considérable ;elles se laissent changer en un corps transparent ,ce qui démontre la possibilité de la clarification to-tale du globe opaque de notre terre ; mais les troispremieres efpeces demandent peut-être une plusgrande addition de sels ou d’autres matières pourêtre vitrifiées, que la terre qu’il appelle spéciale-ment vitrifiables ; Sc en employant des degrés défeu relatif, tels qu’on doit raisonnablement les ad-mettre , en cas d’expériences comparées, l’on re-connoitra facilement la terre qui s’y durcit, cellequi s’y calcine , &c. (-r)
(«) Observation. M- d’Arcet, docteur-régent Je la facultéde médecine de Paris, homme distingué dans la chimie, a faitun travail suivi fur la nature & les propriétés des terres & despierres. Il résulte de les observations lues à \’Académie royaledes Sciences , que la plupart des corps regardés comme apyres ,réfractaires, non fusibles par euJr-mêmes, sont exactement vitri-fi,ables Je fans addition : tels que les gypses , les filénius , lapierre de Boulogne , les spaths, les Jlalaaites calcaires , la pierre3 chaux de marbre, les marnes , les argilles colories, le tripoli, lemica, \'ardoise, [es fables fpatheux, les granites , Vantante, la pierre -ponce & autres laves. U n’y a, dit-il, que le crystal de roche,le grais à paver, le silex, le quartz, ta pierre .à l’huile de Tur-quie, le caillou d’Alençon Sc tous les cailloux en général, quin’ont reçu aucune altération, quoique exposés à la plus grandeviolence du feu technique. Nous avons lu avec attention cesexpériences faites par M. d’Arcet : elles sont très-importantes,& nous convenons que la distribution adoptée, julqu'au mo-ment de leur publicité , par les naturalistes & les chimistes, est,rigoureusement parlant, fautive ; sur ce plan il n’y a plus quedeux ordres de terres & de pierres, les apyres & les vitrifiables :il scroit seulement à delìrer qu’on trouvât le moyen de déter-miner extérieurement celles qui sont fusibles, fans avoir recoursà l’appareil d’un fourneau, a la puissance d’un feu souvent très-considérnble, dispendieux & embarrassant : au reste, il nousparoît que toutes les pierres qui sont infusibles par elles mêmes,font presque toùtes ignefeentes, (scintillantes, ) c’est-à-dire, cellesqui font feu étant happées par un briquet d’acier : ces pierresdoivent être dures & assez homogènes. Quant aux terres sem-blablement infusibles, il y en a très-peu : elles doivent être