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Tome premier.
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^88 Nouvelle Exposition

Le sel gemme d’Ethiopie &. de Cappadoce, eílsemblable à celui du Nord ; mais il n’est pas lì

clicmins ou de galeries qui se croisent, & qui forment une eí-pece de 1. byrinrhe ténébreux.

Ces mines très-consinérables font habitées par un fi grandnombre d’ouvriers , que c’est une république souterraine , qui asës lois, fâ police, fis chefs, & íès petites voitures publiques.On y a pratiqué une chapelle où l’on célèbre l’office divin. Cha-que mineur a fa hutte ou niche. On y entretient quatre-vingtschevaux ; ils y (ont nourris. On dit que les enfans y naissent &y íont élevés; ce lotit autant de petits citoyens destinés àl’écolede la mine.

Les voûtes de sel font soutenues par des colonnes ou pilierstaillés dans I.i malle du sel même. La lueur des flambeaux quiéclairent ces vastes appartemens souterrains, en réfléchillant detoutes parts, répand un éclat merveilleux : ce sont comme despalais bâtis d’un crystal souvent cubique & d’un blanc verdâtre.Un ruisseau d’eau douce & fraîche coule dans ce souterrain , &fr r t à abreuver les habirans. Le íèl le trouve d’abord par blocsd’une grosseur prodigieuse ; enluite on le u olive par couches sui-vies , & dans une quantité inépuisable. On se sert de pioches.de ciseaux & de maillets pont le détacher en masses qui formentdes prismes quarrés de sept à huit pieds de longueur, & de deuxpieds Sí demi d’épaifieur. On nomme ces paraiíclipipedes iatta-wanes. On est quelquefois parvenu à en détacher des masses quiavoient jusqu’à quarame-huit pieds de longueur. Ces blocs seroulent sur des cylindres de bois, jusqu’au puits, d’où ils Iontélevés par des machines à mouleues très-fortes, & tournées pardouze chevaux. Quant anx petits morceaux, on les monte dansdes tonneaux. On compte que tous les ans on retire à peu près(cccoo quintaux de sel gemme. On le moût en farine grossière,& on l'emp!oie ainsi.

Un phénomène très-remarquable pour le naturaliste, c’est queles masses salines des puits ou mines de Williska , rente, mentsouvent des galets ou cailloux arrondis , des coquilles ou d'ati-tres corps marins. Souvent le milieu des couches de sel gemmecontient de grosses masses d’tme roche composée de divetleseC-peces de pierre. On y trouve aussi des morceaux branchus debois noirci, minéralifé, & d’une odeur trts-déíàgréable. Les va-peurs empoisonnées, nommées mouphettes, se font quelquefoisaustì ressentir dans ces souterrains. La terre qui recouvre le sel,forme des lits dont les uns font de glaise, d’autres de fable, degrès, de coquilles. Ces bancs semblent avoir été dérangés deleur place. Que! raisonnement peut-on donner de ces transpo-sitions de corps, de l’origine & de la reproduction du sel gemme ;îé’est-on pas en droit de dire que ces mines de sel marin fosi.file, & celles qûe l’on trouve dans plusieurs pays qui sontmaintenant uès-éloignés de la mer , doivent leur formation au