Band 
Tome premier.
Seite
535
JPEG-Download
 

du Règne minéral. yjy

cet embrasement est en pure perte pour les entrepreneurs, indé-pendamment des dangers qui peuvent s’ensuivre : (onétoitmémeautrefois dans l’usoge de torréfier la mine.) On connoît quela mine ou terre alumineuse est en état de donner ion sel, lorí-qu'elle est toute couvette de flocons, Sc que les particules qui lacomposent, sont délunies & devenues nés tendres ; alors on lamet macérer dans des auges de bois ou des réservoirs sembla-bles, & remplis aux deux tiers d’eau : on l’y laisse séjourner vingt-quatre heures ou environ, on la remue de tems en rems; puison retire cette eau qui est chargée de la partie saline, en la fai-sant couler par des tuyaux de bois, julques dans l’atrelier où onla fait bouillir Sc évaporer: on continue de remettre de nou-velle eau íùr la terre,pour en extraire tout le sel, ce qui íere-connoìt à Ion insipidité ; après quoi, on expose encore la terre,pendant un an, a l’air,- Sc au bout de ce tems, elle produit en-core de l’alun qu’on retire par les mêmes opérations que ci-des-lus; il y a même des endroits ou la mine d’alun Itxiviée, en-suite exposée pendant deux à trois années, produit chaque annéede l’alun. Après cela, on jette souvent comme inutile la terrequi a diminué de plus des deux tiers de ion premier volume.L’évaporation de ces eaux chargées d’alun, fe fait dans de gran-des chaudières de plomb, qu’on entretient toujours pleines, jul-qu’à ce que le sel ne contienne que la juste quantité d’eaunécessaire i fa crystallilàtion. On décante la liqueur bouillantedans une très-grande cuve de bois, a fin que la terre jaunedu vitriol, sulpendue dans l’alun, & qui empêcherait la for-mation & la crystallilàtion rie l’alun, se précipite. 11 faut ici del’expèrience pour connoître les degrés d’évaporation, dépura-tion, & les moyens nécessaires de remédier á tous les accidenscontraires: on fait palier la liqueur de la grande cuve dans plu-fìeuts autres cuves moins grandes; on l’y laisse séjourner pen-dant quelques jours, en observant de la remuer deux ou troisfois par jour, afin que les parties hétérogènes à la nature del’alun puistent s’en dégager & se précipiter : souvent la liqueurétant refroidie, ne produit pas encore un pur alun ; alors on yjoint ce qu’on appelle le fondant, c’est-à-dire, la matière quiréíulte après l’évaporation de l’eau-mere des savonniers, & l’onen fait dissoudre dans de l’cau une quantité suffisante pour ache-ver de dégager toute substance étrangère d’avec l’alun j quelque-fois même on est obligé de se servir ou d’une forte lessive, soitde cendres gravelées, soit de cendies de bois neuf, ou del’urineputrifiée, ou d’un peu de chaux vive : il saur néanmoins appor-ter une attention iinguliere, pour ne pas décomposer l’alun, endétruisent l’obstacle qui empéchoit la cristallisation & la puretéde ce sel. Quand tout ceci est fait, on laifle encore bouillir laliqueur nouvellement décantée , & on continue de l’évaporerjufqu’à pellicule ; alors on la met dans des banques ou tonneaux,aux parois defquels les molécules de l’alun s’attirent & s'unifienten raison de leurs masses, & se crystallifent dans ('intervalle devingt à trente jours. Comme toute la liqueur ne se coagule point ea

L1 iv