8§ Nouvelie Exposition
mercurielies , extrêmement divisés : Ton diroítque c’est un guhr de vif - argent.
ia) Observation. Lemery dic que îe mercure naîtordinairement sous cies montagnes couvertes de pierres tendres& blanches comme de la chaux , & que les plantes qui croiílentfur ces montagnes, paroissent hautes & vertes comme par-toutailleurs. Les mines de ce métal se trouvent le plus ordinaire-ment par filons ; elles sont communément en malles & tou-jours très-profondes : de-là vient qu’on n’en rencontre guères àta surface de la minière. Les indices les plus constans & enmême tems les plus remarquables , qui décèlent la présenced'une mine de mercure, dans quelque lieu que ce soit, est quelson trouve beaucoup d’eau aux environs de ces mines, quien contiennent des globules , & qu’il est nécessaire de puiser parJe pied de la montagne, avant que de travailler à retirer ledemi-métal de fa minière. Comme le mercure est un corpsfluide , on a plus de peine à lsobtenir que les autres métaux ;çar il s’infiltre facilement & en peu de tems dans les fentes desterres & des pierres ; enserre qu’on le perd souvent de vue,quand on croie être en état de le retirer entièrement. Nousavons dic ci-deffus, que la plupartidu mercure se trouvoit toujoursembarrassé dans de la terre ou de la pierre : on le retire deses mines qui ont quelquefois juíqu’à six à sept cent toises de pro-fondeur ; ( telle est celle de Frioul proche Ccrenthia, ) en la ma-niers usitée dans quelques mines de cuivre , c'est-à-dire, quej’on monte la mine détachée , dans des mannequins ; en-suite on la comminue grossièrement, puis on la sosie dans uncrible à tringle de laiton, &c on la porte aussi-tôt au lavoir ,qui est un ruisseau d’eau courante; par ce moyen, la partieterreuse en est dégagée & emportée, & le mercure se préci-pite au fond du ruisseau. Malgré cette précaution il reste en-core quelquefois des pierres extrêmement chargees; alors onles écrase de nouveau , & l’on se sert ensuite pour dégager en-tièrement le mercure de so mine , du même appareil que pourJ’antimoine : on purifie ce métal de la poussière, en le passantpar la peau de chamois j & on le dégraisse, en le lavant dansî’eau de savon ou dans une lessive semblable à celle dont se ser-vent les sovonniers ; mais s’il est mêlé avec des métaux, il lesaur distiller. On observe que le mercure purifié ne doit pointfaire de traînée, quand on en verse sor un plan incliné ; autre-ment il seroit allié ou à I’étain , ou au bismuth, ou au plomb :ìi ne doit point être couvert de pellicules à sa sorface ; exposefur le feu dans une cuiller de fer, íl ne doit ni pétiller ni décrépi-ter-pn nous envoie le mercure, parla voie d’Hollande & de Mar-seille dans des socs nommés bouillons * de cent soixante à cent qua-tre-vingt livres chacun : ces bouillons sont faits de cuirs doublesde mouton , liés & enfermés dans des barils de bois, dont lesinterstices font remplis de son & de ícíeures de bois ou depailles hachées menu. Quelques personnes , pour s’assurer deJs pureté du mercure , le distillent de nouveau dans une