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fait beaucoup de bruit ; on le recherchait avec d’autant plusd'empressement , que la police faisait les perquisitions lesplus vives pour le supprimer. Aussi a-t-il conduit son auteurà la Bastille le 4 janvier 1763 , ainsi que le libraire Lam-bert. Il n’est pas possible de s'exprimer avec plus de véhé-mence contre les fermiers-géneraux , contre les receveursdes tailles, et en général contre tous les employés de laregie. Darigrand combat avec force le mode de perceptionde ces sortes d'impôts trop multipliés alors , qui mettaient lesparticuliers à la merci d’une nuée de sbires rongeurs, connus,dans le temps , sous la dénomination ridicule de rats-de-cave.Il point avec horreur les vexations auxquelles tout père defamille était exposé de leur part dans certaines provinces (1).Il cite beaucoup de faits révoltans, qui sont peut-être exa-gérés sous sa plume vindicative. Darigrand . avocat auparlement de Paris, écrivait avec chaleur ; son style estnerveux : il avait été employé dans la ferme générale;quelques mécontentemens allumèrent sa bile , et il l’épan-cba avec amertume dans l’ouvrage en question. On voulutlui fermer la bouche en lui donnant une place avantageusedans la même partie ; mais il la refusa. Il est mort eu 1771.
On peut citer , à propos de l’ouvrage de M. Dari-grand , un mémoire de Linguet, relatif à la saisie du vais-seau espagnol le Sainl-Jean-Baptiste , confisqué en 1770,pour accusation de contrebande. Ce Mémoire, publié en
(t) Cela me rappelle que M. le marquis d’Argcnson . désirant voircesser ces vexations , proposa au contrôleur-général des finances d’éta-blir des ahonnemens particuliers pour les impôt». Ce qui aurait été avan-tageux et aux particuliers et au trésor public. Oui, dit le contrôleurnéral , cV»f fort bifn ; mais que deviendront les receveurs des tailles ? Lemarquis étonné répondit ; Apparemment , monsieur , que si l'on trouvaitle moyen d’empêcher qu’il y eût des scélérats , vous scric\ inquiet de ce qutdeviendraient Us bourreaux ,