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volumes , est allé jusqu’à douze, J'ignore quelle a pu êtrela cause de la proscription des deux premiers. On a ditquelque part que « l'auteur a voulu être méchant, et qu’iln’en a pas eu la force ; que le style en est plus empha-tique que noble, et que les pensées , sous un air de pro-fondeur, n’ont rien que de triviales. » Ce jugement paraitun peu sévère. Le style de M. Mercier est original , pi-quant ; on en peut jug"r par cette tirade sur les procureursd’autre fois , que je prends au hasard dans son Tableau. Onverra aisément que cette espèce de diatribe n’est plusde saison. « Si vous avez dans votre maison un' endroitsale , obscure , fétide , malpropre , plein d’ordures , lessouris et les rats s’y logent infailliblement. Ainsi, dans lafange et le cahos abominable de notre jurisprudence , ona vu naitre la race rongeante des procureurs et des huis-siers.
» Ils se plaisent dans les détours ténébreux de la chi-cane ; ils vivent grassement dans le labyrinthe de la pro-cédure : il faut les y suivre malgré vous ; vous êtes forcéde vous soumettre à leur ministère. Ces paperasseurs ontacheté la déplorable charge qui en fait des vampires pu-blics et privilégiés; mais comme le premier mal est dansune législation contradictoire et embrouillée, le praticiense rit de la misère du plaideur, et tient au vice antiquequi lui est si profitable,
» Notre jurisprudence n’est qu'un amas d'énigmes prise»au hasard dans les ouvrages de quelques jurisconsultesd’une nation étrangère ; et quand les coutumes et les loisdifférentes sont privées de clarté, ne vous étonnez pas desmonstruosités de la procédure.
» Entrez dans un greffe de procureur , appelé impropre-ment étude : huit à dix juins gens, piquant la dure esca-belle, sont occupés à gratter du papier timbré du matin