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supplice. Un jury corrompu et présidé par Jeffreys, en-nemi personnel de cet auteur, le condamna à être penduet écartelé; mais il eut seulement la tête tranchée. Sidneyétait un républicain ardent : il fit la guerre à Charlespremier, et se ligua avec les monstres qui firent périrce prince. Son caractère impatient d'aucune espèce dejoug , le fit sortir d’Angleterre lorsque Cvomvvel usurpale pouvoir suprême. Après la mort du protecteur , il eutl’imprudence de revenir dans sa patrie; et quoique Char-les II lui eût accorde un pardon particulier , il n’on futpas moins inquiété et poursuivi par ses ennemis person-nels , comme ayant trempé dans une conspiration contrela personne du roi ; les preuves manquèrent : mais lesécrits que l’on saisit chez lui le firent dénoncer commeséditieux. Ce sont les Discours en question ; ils servirentde base à sa condamnation. Dans cet ouvrage , l’auteurveut « qu’on soumette l’autorité des monarques à celledes lois, et que les peuples ne dépendent que de celles-ci.... Selon lui , le gouvernement n'est pas établi pourl’utilité de l’administration, mais de l’administré; et lapuissance n’est pas un avantage, mais une charge.... Lnliberté est la mère des vertus, et l’esclavage est la mèredes vices.... Ce qui n’est pas juste ne peut avoir forcede loi ; et ce qui n’est pas loi n’oblige à aucune obéis-sance.... Un pouvoir au-dessus des lois ne peut subsisteravec le bien du peuple, et celui qui ne reçoit pas sonautorité de la loi , ne peut être légitime souverain....Toutes les nations libres ont droit de s'assembler quandet où elles veulent, à moins qu’elles n’aient renoncé vo-lontairement à ce droit.... Le soulèvement général d’unenation ne mérite point le nom de révolte. C’est le peuplepour qui et par,qui le souverain est établi, qui peut seuljuger s’il remplit bien ses devoirs ou s’il ne les remplit pas. »