Band 
Tome second.
Seite
175
JPEG-Download
 

. ’' 5

la Sorbonne le conjura aussitôt qu’il parut, et il futsupprimé avant qu'on eût le temps de le répandre. Cesdeux ouvrages sont remplis d’infamies et d’impiétés, etmalgré cela munis du privilège et de l'approbation ,chose assez singulière! Le second, qui est le plus fort,renferme soixante dialogues entre Alexandre et Jules-César ; il est divisé en quatre livres, cl dédié au ma-réchal de Bassompière, protecteur de l’auteur. Le trente-neuvième dialogue qui traite de la génération de l'hommeet de l’office des mariés, csl écrit d’une manière irès-licencieuse. Vanini fut arrêté à Toulouse ; son procèslui ayant été fait et parfait comme athée , il fut livréaux flammes le 19 février 1619, âgé de 34 ans, aprèsavoir eu la langue coupée. On prétend qu’au premierinterrogatoire qui lui fut fait, on lui demanda s’il croyaitl’existence d’un Dieu ; il se baissa, ramassa un brin depaille et dit: Je nai besoin que de ce fétu pour prouverl'existence d'un être créateur ; et ensuite il fit un très-beaudiscours sur la providence; ce qui ne le sauva pas, parcequ'on attribua ce discours plutôt à la crainte qu’à la per-suasion. Quand on voulut lui faire faire amende-bono-rable et demander pardon à Dieu , au roi et à la justiceil répondit , assure-t-on : Te ne crois point en Dieu , jeriai jamais offensé le roi , et je donne la justice à tousles diables. On ajoute qu’étant dans le tombereau qui leconduisait au supplice, il se moqua du cordelier qu’onlui avait donné pour l'exhorter au repentir, et qu’il diten parlant de Jésus - Christ : il sua de crainte et de fai-blesse, et moi je meurs intrépide. Tout ces détails sont-ils bien vrais? On les lit dans la vie de Vanini publiéepar Durand, à Rotterdam , 1717, in- 12. Frédéric Arpe afait Y Apologie de Vanini , (en latin.) Rotterdam , 1712,in-8.