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madame, que vous consentez à remettre entre mes mainsce dépôt précieux que M. votre oncle vous a laisse, cettebibliothèque, que les âmes sensibles ne verront jamaissans se souvenir que. ce grand homme sût inspirer auxhumains cette bienveillance universelle que tous ses écrits,même ceux de pur agrément, respirent, parce que soname en était profondément pénétrée. Personne avantlui n’écrivit comme lui ; il servira d’exemple et d’écueilà la race future. Il faudrait unir le génie et la philosophieaux connaissances et à l’agrément, en un mot, etreM. de Voltaire , pour i’egales. Si j’ai partagé avec toutel’Europe vos regrets , madame , sur la perte de cet hommeincomparable, vous vous êtes mise eu droit de participéeà la reconnaissance que je dois à ses écrits. Je suis t "sans doute, très - sensible à l'estime et à la confianceque vous me marquez ; il m’est bien flatteur de voirqu’elles sont héréditaires dans votre famille. La noblessede vos procédés vous est caution de mes sentimens àvotre égard. ,
« J’ai chargé M. Grimm de vous en remettre quelquesfaibles témoignages , dont je vous prie de faire usage. »
Signé Catherine.
L'impératrice exigea qu’on ajoutât aux livres toutes leslettres originales de Voltaire qu’on pourrait faire impri-mer, et même celles qui ne seraient pas dans le cas dol'éiie. Madame Denis a seulement 'demandé la permissiond’en garder copie. Catherine II a de plus demandé desplans exacts et dans tous les sens, du château de Ferney :elle se proposait d’en faire construire un pareil dans sonparc de Czarskozelo , et d’y élever un monument àla mémoire de Voltaire : il devait y avoir un muséumoù l’on aurait placé les livres dans l’ordre où ils étaientà Ferney . La statue de Voltaire devait être au milieu.