Band 
Tome troisième.
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An X.

Fri-

maire.

( 8o )

miers letchis qui avaient paru dans leurjquartier. Je trouvai les letchis délicieux : lasaison de ces fruits nest malheureusement !pas assez longue. Quoique sans espoir de lesvoir jamais croître , je plantai tous les noyauxaux environs et sur la plaine des Cafres.

Partout jaurais revu MM. Hubert fils etLe Gentil avec bien du plaisir mais le lieusauvage du rendez-vous donnait encore plusde charmes à lentrevue : aussi, fis-je diligencepour être bientôt rendu au piton de Villers.

Hubert et Le Gentil étaient accompagnésde quatre nègres chargés de provisions, et detrois créoles chasseurs , dont lun, nomméJean Duguin , connaissait parfaitement leslieux les moins fréquentes. Il avait demeurétreize ans dans ce désert, vivant, comme unmarron , loin de lhabitation des hommes ,et y était devenu presque sauvage. Ce créoletrès-brun, maigre et dun air farouche, avaitdans le regard une expression particulière defranchise, à laquelle ses sourcils, sa barbeet ses cheveux blancs ajoutaient un air denoblesse.

Je renvoyai ma monture à la rivière dAbord :nous allions quitter les chemins frayés, pournous enfoncer dans des solitudes.

Comme