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aussi mes convives allaient être à l’aise, et î’al- T*lais pouvoir juger de ce que c’est que la gaîté F1 <anglaise.
Deux cents bouteilles ou carafes de beaucristal circulèrent bientôt sur la table : c’était• du vin de Madère , de Porto ou de Clairet. Cevin de Clairet, que les Anglais s’imaginent êtred’excellent Bordeaux , est effectivement du Bor deaux , mais c’est un mélange de blanc et derouge, qui est fort mal-sain, et que les vraisconnaisseurs n’aiment pas du tout.
Je ne conçois pas comment, dans cette fa-meuse journée, je pus conserver mon sang-froid j car, malgré le grand nombre de toast3que j’évitai, je fus forcé de boire une quantitéprodigieuse de tous ces vins mêlés; il me tar-dait que le dessert cessât, tant pour ne pasm’exposer à me griser, que pour revoir lesfilles du gouverneur. Enfin, à huit heures,quand tout le monde criait bien fort, on seleva de table, et quelques-uns des convivespassèrent dans une autre pièce , où étaient desdames.
Comme il circula à table que j’étais un offi-cier de l’état-major du général Magallon , deuxgrands messieurs m’approchèrent, et l’un d’eux,colonel de génie , qui parlait passablement le
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