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tableau plein de couleur et de lumière, digne d'êtretransporté sur la toile par Horace Vernel. Et que definesse, de naturel et de philosophie dans ce petit dramequi se passe entre deux zouaves, et que l’artiste a pusaisir sur le fait! La scène est sur le penchant <funecolline aride que le soleil dévore. Un zouave est assissur son sac, tenant une gourde qu’un autre zouave, de-bout près de lui, a bien envie de porter à ses lèvres.Tous deux ont la main sur le précieux ustensile danslequel est renfermée la merveilleuse liqueur qui rafraî-chit et qui ranime en même temps. L’un retient, l’au-tre attire; l’un regrette, l’autre convoite; l’un hésite ildonner, l’autre à prendre. Celui-ci est grave et maus-sade, celui-là sourit câlinement. Le premier se redressefièrement et fronce le sourcil : c’est celui qui donne;le second s’incline et baisse les yeux : c’est celui quidemande.
Il y a là toute une page de Molière .
Mais arrêtons-nous, car il faudrait un livre entierpour décrire toutes les épreuves que M. Fenton a rap-portées de son voyage en Crimée .
Nous ajouterons seulement que cette magnifique col-lection se complète par une série de portraits du pluspuissant intérêt; nous citerons, entre autres, ceux du ma-réchal Pélissier, des généraux Bosquet, delà Bousinière(luéà l’assaut de Malakoff), Beuret, de Cissey, dans notrecamp; de lord lîaglan, des généraux Simpson, Brown,John Campbell, Barnard, Pennefather, parmi nos alliés ;d’Omer-Pacha , d’Ismaïl-Pacha , dans l’armée ottomane .