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Dans un espace resté libre entre plusieurs maisonsrenversées, les malheureux habitants de ces maisonsont réuni, quand l’eau se fut écoulée, les meubles qu’ilssont parvenus à grand’peine à retirer des décombres.Tout cela est déposé pêle-mêle sur le chemin désert.Une épreuve représente ce garde-meuble improvisé. Enexaminant celles dont nous avons parlé plus haut, on sefait une idée des ravages matériels que produisent lesinondations dans les villes ; en voyant celle-ci, on com-prend tout ce qu’elles y font naître de misère.
L’église Saint-Pothin ne domine plus que des ruines;à l’exception de quelques maisons de la rue de Condé,les plus rapprochées de l’édifice, tout a été détruit, ba-layé par les eaux. Dans le vaste espace qu’embrasse lavue photographique de cette partie du faubourg, c’està peine si l’on compte six ou huit maisons restéesdebout.
Un soir, il y a quelques années, en revenant desCharpennes, je m’arrêtai à l’endroit où vient aboutir larue Dunoir, et je pris plaisir à considérer le spectacleanimé qui se présentait devant moi. En face, la rue des-cendait vers le Rhône , en me laissant voir à distance lepont de l’Hôtel-Dieu, chargé de promeneurs ; sur leseuil des portes, les femmes, groupées, jasaient gaie-ment ; aux fenêtres, de nombreuses lumières s’allu-maient avant l’heure pour éclairer les mains agiles dutisserand, penché sur le métier. Au coin de la rue, uneguinguette joyeuse m’envoyait le bruit de ses chansonsavinées et le son criard de ses violons ; et, quand mon