Pour en revenir à M. Giroux, s’il a vraiment mis la main àses épreuves, il ne pouvait fournir à sa cause un meilleur argu-ment; et, s’il ne l’a pas fait, nous ne croyons pas avoir(l’excuses à lui présenter, embarrassés que nous serions de sa-voir dans lequel des deux cas il y aurait à lui faire le plus vifcompliment.
Nous ne voudrions pas oublier quelques jolies petites plan-ches de M. Guesné, telles qu’une Vue de Paris des hauteurs deChaillot, la Fontaine de Georges Cuvier , puis un bas-relief enminiature de l’Arc de Triomphe dont nous parlons ici paréchappée. Le tout est mignon, net et doux, et d’une suaveimpression.
On doit à M. Heilmann, de Pau , trois épreuves très-fines ettrès-pittoresques : la Gorge des Eaux-Chaudes et deux Vues duval d’Enfer. La grande nature de cet heureux pays et soninterprète se sont entendus pour obtenir des effets saisissants.
Pour M. Lesecq, le paysage semble secondaire. Il le traitecependant de manière à prendre rang dans le bataillon sacré :son Étude de Châtaignier pourrait étonner Rousseau lui-même, Dupré, Diaz, et leur rappeler les grands jours deBarbizon . Citons en outre une magnifique Allée de Forêt, belleparmi les plus belles. Il esta regretter que M. Lesecq renché-risse encore sur les Ions roux les plus intenses de ses confrères ;et, si nous osions, nous le prierions bien fort, au nom deses admirateurs même, d’en rabattre quelque peu.
Il y a peu de jours que nous avons eu le plaisir de faire con-naître verbalement à M. Marlens notre façon de penser surson compte, ce qui ne saurait nous dispenser de la lui diredans ce Bulletin.
Pour le photographe, même le plus éminent, et le plusconstant dans ses réussites, la Vue du lac de Genève seraitun de ces résultats qui font marquer d’une croix blanche lejour de leur apparition. Nous la classons, avec une ou deuxautres de genres différents, en rang hors ligne, au-dessusdes oeuvres exposées par tous les pays. Il est vrai que lesujet est délicieux, et qu’un rendez-vous de lac, de rivages,de montagnes et de villages suisses réunit trop de chancesdéplaire pour laisser la partie bien égale. Encore fallait-il setrouver à ce rendez-vous et le raconter dignement? C’est cequ’a fait à merveille M. Martens. Il faut se rappeler une autre