246 T i t. 111. D e s Grands Maistres.
pour cette Etiquete étoient expirez , même avant qu eue fút commencée,L’Arrêtdont on se servoit étoit du dix-neuf Novembre ; la signification decet Ariêt du vingt-huit Décembre mil six cent quatre - vingt - treize , & laCommission du sieur Clugny du 1 6 Janvier mil six cent quatre-vingt-quatorze.En cet état, le sieur Clugny fit présenter une Requete à Bornot au Par-lement , à fin de prorogation de délai, il prit pour prétexte que le Supliant6c ses deux Valets n’avoient pas été entendus; & fur cette Requête inter-vint Arrêt le vingt-sept Janvier mil six cent quatre-vingt-quatorze, par le-quel en ménageant le sieur Clugny , comme il est assez ordinaire en cesrencontres, on lui fit pourtant connoître que le Supliant n’étoit point sonjusticiable , Sc qu’il n’avoit point dû être traduit devant lui ; c’est dans cetempérament que l’Arrêt proroge le délai de quinzaine , pendant laquelleBornot feroit achever son Enquête à Châtillon, en ce qui concernoit lesTémoins y domiciliez, pardevant le sieur Clugny à ce commis, Sc lesautres en la Ville de^ Dijon , pardevant un Commissaire à ce député ,linon déchu. Cet Arrêt montre que le sieur Clugny ne pouvoit entendreque les Témoins domiciliez à Châtillon, il est impoífible de feindre que leSupliant y soit demeurant , son domicile d’origine Sc d’habitation est àChâlons - fur - Saône. Le domicile de fa Charge & de fa dignité est àDijon ; mais d’en supposer un à Châtillon-sur-Seine , où il ne va que pourles adjudications des ventes des bois des Forêts voisines , les réformations6c autres fonctions de fa Charge, c’est ce qui n’est jamais tombé dans l’ei-prit de personne raisonnable ; cependant voici comme les choses fe fontpassées. Le Supliant revint à Châtillon le trente Janvier mil six cent quatre-vingt-quatorze , pour faire les ventes le quatre Février suivant. D’abordles deux Valets qui l’avoient suivi fe présenterentpour être entendus, celafe devoit faire fur le champ ; mais le sieur Clugny les refusa sur la cérémo-nie d’une réasiìgaation qui n’a point été donnée. Ils n’étoieut pas le prin-cipal objet de fa pastîon; c’étoit au Supliant qu’il vouloit faire insulte. Pourcela , on ne lui dit rien depuis le trente Janvier jufqu’au quatre Février ,on ne lui signifie pas la moindre chose. Le quatre Février, lorsqu’il étoità l’Audience dans son Siégé à regler les ventes des Bois du Roi , &en faire écrire les conditions, Bornot qui avoit dressé & écrit de fa mainl’Exploit en termes équivoques Sc captieux pour sauver l’attentat à l’Arrêtportant permistîon au sieur Clugny d’entendre seulement les Témoins domi-ciliez à Châtillon , 6c'qui avoit employé ces termes répugnans Sc ridiculespar rapport au Supliant ( étant de présent audit Châtillon, où il fait sa ré-sidence ordinaire, logé à l’Ecu de France, en parlant à sa pertonne : )Après ee beau préparatif, fait signer cet Exploit au nommé Rolin, Ser-gent interdit dans le Bailliage ( qui a reconnu depuis qu’on ne lui avoitlaissé ni le tems ni la liberté de le lire ) le presse Sc le conduit jusques à laporte du Siégé ; Sc fans attendre que le Supliant fût sorti de l'Audience ,oblige le Sergent de lui déclarer en place Sc dans son Tribunal, avec au-tant de mépris que d’irrévérence , qu’il le réasiìgnoit pour déposer le len-demain cinq devant le sieur Clugny , sans donner copie d’Arrêt ni de Com-mission. Cette injure excita l’indignation de tous les Assistans. On de-mande le pouvoir à Rollin, Sergent, il ne fçait que dire. Bornot, l’au-
%