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PRODUITS PRÉSUMÉS
donner la Saône et la direction de Lyon , pour prendre cellede Roanne et des canaux du bassin de la Loire .
Ces considérations faisaient vivement regretter qu’en 1822on eût fixe à Digoin la limite supérieure du canal latéral à laLoire; on sentait de plus en plus la nécessite de la porter jus-qu'à Roanne , et c’est heureusement ce qui s’est réalisé en 1830.Une compagnie, composée principalement de capitalistes ge-nevois, frappée des avantages considérables que devait offrirce prolongement du canal latéral, en a sollicite et obtenu laconcession perpétuelle. Dès lors on n’a plus eu à s’occuper nides moyens de recevoir les provenances de la Loire supé-rieure, ni du complément de ressources auquel il aurait fallurecourir pour l’approvisionnement des eaux.
Nous avons constaté quels avaient été, dans la construc-tion des canaux exécutés par le gouvernement, les excédansdes dépenses sur les premières évaluations; ces excedans ontété considérables sans doute ; mais l’on se tromperait étrange-ment si l’on pensait que l’industrie privée n’est pas sujette àde semblables écarts : le canal de Roanne à Digoin en offrelui-mêine la preuve, bien que sous le rapport de son dévelop-pement , comme sous le rapport de ses travaux d’art, il nepuisse aucunement être comparé au canal latéral à la Loire,dont la construction est véritablement monumentale. Les
principaux capitalistes génevois qui ont obtenu la concessionde cette entreprise jouissent d’une réputation de prudenceet, d’habileté acquise par une longue pratique dans les affai-res; ils ont exigé que les études nécessaires fussent faites avectous les soins désirables, pour avoir une donnée certaine surl’étendue des dépenses ; ils ont voulu même que le capital