240 De la PhilosophieXIII.
Partie I.
Si on a bien suivi la chaîne des faits & desraisonnemens qui ont été s objet de ce chapitre,on se convaincra que tous les individifs de lagrande collection des êtres gravitent fans ceíseles uns vers les autres, & que ce n’est que parla voie du mélange que la nature peut exercerson pouvoir générateur.
Pourquoi donc les naturalistes ou les hom-mes riches qui ont l’orgueil de les protéger,ne cherchent-Ìls pas a imiter en petit, danssombre de leur cabinet, les mélanges que lanature opère fur la scène de l’univers ?
L’homme oisif & superbe s’est dit de touttems le roi du globe qu’il habite : ce se-roit h l’homme laborieux & modeste h méri-ter ce titre, en étendant les branches collaté-rales de la famille des animaux, & en créantde nouveaux sujets h son empire.
Le botaniste peut faire de nouveaux ar-bres ( a ) ; il peut, à force d’étudier les litho-
(a) Jusqu’ici on n’a tenté que la greffe des arbres, 8cencore n’a-t-on fait fur cet objet qu'un petit nombre d’ex-
phytes