DE LA Naturï. 345
roit peu à peu ses traits , & toute son ame sepeignoit dans ses regards ; elle invoquoit lavengeance céleste contre les ingrats ; elle attes-toit lá cendre de son frère ; elle haïssoit avec
fureur son meurtrier.elle l’aimoit encore,
& pour comble d’horreur , elle ne pouvoir sele dissimuler.
Cet état violent dura une année ; la sensibleWaldémar, rongée intérieurement par le cha-grin qui la dévoroit, marchoit k pas lents versla tombe. L’ennui de la vie venoit flétrir lesroses de son teint, & silloner son visage; lemonde entier étoit mort pour elle; mais la pas-sionvivoit encore dans son cœur.Tout-'a-coupelle apprend qu’on a découvert les vrais assas-sins de son frère, & que son amant, calomniépar des traîtres & condamné par des tyrans,expie dans les sombres cavernes de Coperberitle crime d’avoir été humain fans prudence, &généreux fans bassesse.
A cette nouvelle les yeux de W aldémarcommencèrent k briller des étincelles de la joie,& toutes les facultés de son ame reprirent leurénergie: «Enfin, s’écria-t-clle, mon cœur ne
Principe*,