de la Nature. 349
dant un an pour te trahir. — Votre cœur mereste ; il suffit ; & je mourrai content. — Toi,mourir ! Non, ru vivras ; toi seul peux rempla ìcer~knprès de moi le plus tendre des frères ,
peut-être même le faire oublier.Ecoute ;
le roi n’a pas encore prononcé définitivementfur l’injustice du tribunal qui t’a condamné ;mais il veut te voir, & tu es libre dès ce mo-ment : sortons de cet abyme effrayant où gé-mifloit l’innocence, où le crime même est troppuni, puisque l'opprobre survit aux remords ;allons nous jeter aux genoux du prince ; je nel’implorerai point pour toi,parce qu’ilest juste;mais je l’attendrirai pour ces malheureux; fi jepouvois alléger le poids de leur infortune ,tu m’estimerois fans doute, & mes crimes an-ciens seroient réparés.
Passer fans intervalle du plus profond déses-poir au comble du bonheur ; voir son ame aumême instant se resserrer par le chagrin & s’ou-vrir aux douces impressions de la joie, &, furle bord de la tombe, recouvrer k la fois la lu-mière , une amante & la vertu, font un de cesétats violens que l'homme ne sauroit éprouver
Principe*.