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Lû’les ne prévenoient à chaque instant ses-—
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blessures- seul
Le goût est l’organe qui contribue le plusau bonheur de tout ce qui respire ; on con-çoit très-bien l’existence d’un être sourd ,aveugle, & privé de Fouie & du toucher jmais si , avec F usage de ces quatre sens , lanature lui refusoit un palais , un sentimentvague d’ennui s’empareroit de son ame , désle premier instant de fa naissance ; la dou-leur lui succéderoit , & quand l’animal nepourrait plus supporter le sentiment pénible,de F existence , il cesserait d’être.
La nature qui a fait de l’organe du goût leprincipe de Fexistence animale , y a attachéla plus grande jouissance ; quand Faiguillonde la faim se fait sentir , on devient insensibleaux parfums des flèurs , aux concerts, auxspectacles , aux plaisirs mêmes du toucher °un fruit alors devient d’un prix inestimable ,
& Famé est toute entiere dans le palais quile savoure.
Plus les voluptés que le goût fait naîtresont intimes , plus il est aiíê d’en abuser :
Fhotnme , qui ne sait point commander à lui-