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Tome troisieme.
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de la Nature. ir;

lentes , cette soif du sang humain , qui -

caractérise les conquérants ; ces remords quisuffiroient pour venger la vertu , quandmême l’ame seroit mortelle , & fur-tout ceshaines atroces , dont les poètes placent lethéâtre dans les siécles héroïques, pour laconsolation des siécles barbares.

II n’y a point de passion qui tende plus àla violence , que l’amour , parce qu’elle sub-jugue le physique & le moral de notre être ;qu’elle embrase à la fois l’imagination & lessens , & qu’elle joint l’ivresse de l’amourpropre , à celle des plaisirs.

Un des plus singuliers phénomènes que jedécouvre dans le cœur humain , c’est que lesentiment de notre misère est plus propre àproduire les passions véhémentes , que lesentiment de nos forces. Un homme quiconnoît toutes les ressources de son ame ,sûr de les employer suivant sa volonté , nesait aucun effort , & reste dans un étatd’inertie ; mas l’homme qui a la connoistàncede ses imperfections , éprouve une inquiétudeactive , qui le force à s’élancer hors de lui—même , & à dompter la nature : le premier