1 6z De la Philosophie
Les chapitres précédents ont servi à dévé-
Partiï II.
les connaissances que l’ame doit au
sentiment. Celui-ci doit être consacré à laraison , heureux íì en l’analysant, je ne laforce pas à rougir.
Depuis que les hommes font rassemblés ensociété, ils ont beaucoup raisonné sur l’en-tendement ; les préjugés ont multiplié leserreurs, & les erreurs à leur tour ont affermi
noîue : elle apperçoit l’existence des choses, Sc voilà lesentiment ; elle compare immédiatement deux idées, 8cvoila l’intuition ; elle examine les convenances ou lesdiseonvenances de ces deux idées , pat l’interventiond’autres idées , & voilà la raison. Voyez i-ssai sur l’en-tendement humain. Tome j. Livre page 393.
II me semble que cette division n’a pas toute la justessegéométrique qui caractérise ce grand métaphysicien : l’ín-tuìtion au fond n’est pas distinguée de la raison ; quandà la vue d’un triangle & d’un parallélogramme, je dis,ces deux figures font inégales, je crois raisonner commelorsqu’à l’aide d'un instrument de mathématique, je me-sure leuts angles Sc leurs côtés ; la faculté qui combineen moi deux idées, n’est pas différente de celle qui encombine trente : Si le pâtre qui ne voit que son champSc sa bêche , rai senne comme le philosophe qui a faiti'tissai sur l’enrenàement humain.
Les fausses divisions égaient autant que les faux prin-cipes ; ce n’est pas en divisant, c’est en simplifiant tout,qu’on imite la nature.