i6z De la Philosophie
l - - Qui croiroit que ces vers contre la raison
Partie II- sont tfun des poètes de l’Europe qui a lemieux parlé son langage ! Mais de telles con-
libte enlie les paffions : voyez si la raison est foible dansl’entendement d’un Burrhus ou d’un Montausier, .
Sans nous rendre meilleurs , tu nous rends misérables.
La raison, quand on l’écoute, rend toujours meilleur ;8t les passions quand on en abuse, rendent toujours misé-rable.
Le flambeau qu’ànosyeuxtuvienssanscffc offrir.
Sert à nous tourmenter , non à nous secourir.
Ce flambeau secourt l’homme foible, & ne tourmenteque le méchant : c’est pour Caton une lumière douce , qui,pénétre son ame ; mais pour Catilina, c’est la torche deqFuries.
Tu Jais justifier nos différents caprices.
Mauvaise théorie sur l’ame. — La raison nous ftit un,Crime de nos caprices , c’est la paffion qui les justifie.
Et du nom de yertu , tu décores nos vices.
Ce n’est pas la raison, mais l’abus du raisonnement,qui métamorphose nos vices en vertus ; il ne faut pointconfondre les vérités avec les paradoxes, &. le sage, avecles sophistes .
En vair. de la raison l’on vante Vexcellence.
Oui, Pope, ta raison est excellente , 8t j’en crois monçœur plutôt que tes vers.
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