Partie II.
174 De ia PhilosophieL’ H o m m e-M a r 1 n.
Cette huître pique ma curiosité ; je nesoupçonnois pas qu’un amas informe d’écumemarine , emprisonné entre un mur convexe& un mur concave , & cloué à jamais fur Içrocher où il est né , pût avoir des idées :par quel prodige inexplicable , une molécule ,à peine organisée , le dispute-t-elle en in-telligence à moi, qui suis le roi des mers ?
L’ H U î T R E.
Que tu fois le roi des crabbes qui sucent tonsang , ou des baleines qui te dévorent, peum’importe ; mais certainement tu n’es pointJe roi des huîtres ; tous les êtres de monespèce vivent en républicains fur leurs rochers;ils ouvrent leur coquille , ou la fermentsuivant leur bon plaisir ; ils ne courtisent pasles poissons qui les effacent par la taille, &fur-tout ils ne font point de raisonnementsd’efclaves. — 11 est vrai que tu te nourris denotre substance ; mais tu partages ce crimeavec les pétoncles & les moules , dont cepen-dant nous ne sommes pas les sujets ; contente-