2^4 De la Philosophie
ZZZZZZZZ tion , il seroit encore; plus impossible de l’ac-
Partie II.quérir par ses propres lumières ; il faut ssrendre chez le peuple qui est fur ce sujet lelégislateur des autres ; il faut visiter les mo-numents , fréquenter son théâtre & identifierson esprit avec celui de ses écrivains ; le goûcest une lampe qui ne peut s’allumer qu’auflambeau du génie.
L’ingénu est déja en basse Bretagne , des-tiné par son oncle à être un prieur de moines ,lorgné tendrement par la ronde demoisellede Kerkabon , mais ne respirant que pour labelle Saint-Yves; j’ai appris dans un voyagefait au prieuré de la Montagne que l’amantedu Huron avoit été élevée à Paris ; elle con-noissoit tous nos bons livres ; elle savoir parcœur Racine ; mais elle ne sentit tout le mé-rite de ce poète immortel que quand ellecommença à aimer.
C’est aux genoux de cette tendre Bretonneque l’ingénu apprend les premiers élémentsde l’art du goût; son ame se met d’elle-mêmeà l’unisson de celle de son amante ; son ima-gination s’embrase au feu de ses regyds ; s’ildoit lui présenter des fleurs , il les treflèra