304 De ia Philosophie
Il a été un temps où toutes les facultés dsPartie II. notre ame étoient en équilibre ; ce temps aété fort court, mais il a existé ; la premiersfois que vous vîtes une épée , vous sites unraisonnement & vous choisîtes , parce quevous étiez libre ; votre pere vous parla desvictoires du grand Gustave , & votre déter-mination s’affermit ; vous lûtes la vied’Alexandre , & vous fûtes subjugué.
- Dans la fuite les fibres de votre enten-dement s’accoutumerent à n’avoir qu’uneforte de vibration , & dès-lors vous ne vîtes “la gloire que fur un champ de bataille ; lesrois voisins de la Suède semblent endormisfur leurs trônes ; vous oíàtes les menacer ,les combattre & les vaincre , & vous vouscréâtes un caractère au dépens de votreliberté.
Si j’osoisme citer après le Héros du Nord ,je dirois que mon ame a suivi la même mar-che ; j’étois libre lorsque je n’avois encorerien lu ; Platon me tomba entre les mains &je préférai à l’inertie de l’opulence l’étatsublime de philosophe ; je fis quelques foiblesouvrages qu’on daigna applaudir , & depuis
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