ET CRITIQUE. vij
plus efficace pour suspendre les mauvais effets de cescourants. Il conseilla non seulement de ne pas éloi-gner davantage de Venise les fleuves qui couloientencore à son voisinage, mais il vouloit qu’on rappro-chât et qu’on remît dans leur ancien lit ceux qu’onen avoit écartés. Heureusement il y eut en Italie d’au-tres savants qu’on pût consulter. Montanari et Gu-glielmini eurent une opinion différente qui fut suivie.Toutes les rivières furent éloignées de la ville; l’air ydevint plus pur, et la mer cessa de s’en éloigner.
Torricelli découvrit la loi des vitesses de l’eau lors-qu’elle sort d’un réservoir par de petits orifices; maisce fut en employant le tâtonnement de l’expérience,et il n’en donna pas la démonstration. Galilée avoitpourtant donné les réglés de la chute des graves avectoutes les modifications que la pesanteur pouvoitéprouver. Ces réglés, combinées avec un principed’hydrostatique connu alors, étoient suffisantes pourdéterminer la vitesse de l’eau dès que le rapport del’orifice au fond du vase étoit donné. La loi de Tor-ricelli n’étoit rigoureusement exacte , ainsi qu’on leverra dans la suite, que dans un cas particulier, etqui ne pouvoit même jamais avoir lieu. On la trouvamoins juste à proportion qu’on en fit des applica-tions à de plus grandes ouvertures; mais on ne laissapas de remployer toujours.
Le respect de Viviani pour Galilée ne l’empêchapas de rejeter les idées de son maître sur l’effet des,sinuosités des rivières. Il approuva les redressements