Band 
Tome premier.
Seite
18
JPEG-Download
 

*8 öü RESSORT

se refroidissant , ont soin de faire qu’il se refroidisse a loisir , & le laif-sent dans les charbons toute une nuitjusques ä ce qu’ils fe soient c*teints d’eux-memes, & que la cendre fbit refroidie.

Cequifait Pour expliquer de quelle maniere l’eau & les liqueurs aqueuses s’cn-que l’eau ciurcissent par lc froid , qui est une matiere asses obscure , j’ai betörncit* 1 aTle d’etablir quelques hypotheses. Je suppose donc , que generalementfroid'. tous les corps iouffrent une evaporation continuelle de leur portion la«plus subtile & la plus volatile , qui eil ce dont presque toute la partisgroffiere de l’äir est composee ; & qu’en meine temps les corps reqoi-vent auffi quelque chose de cette Masse d'evaporation dont ils fe rem-plissent, n’ädmettant ordinairement. que ce qui est semblable a leurnature , & recevant neanmoins quelquefois des substances differentesde la leur. J’appelle les corpuscules qui compofent cette mäste d’eva*poration, les corpuscules propres & particuliers , quand ils sortent dechaque corps; & je les appelle les corpuscules communs , lorsqu’ilsfönt melez ensemble & confondus dans cette mäste.

Les conjectures que. j’ai pour appuyer cette hypothese sont, pre-mierement, qu’on void que des corps deviennent plus pesans Lc con-tractent d’autres qualitezqui ne peuvent etre attribuees qu’ä l’intro-duction de quelque nouvelle substance qu’ils recoivent de l’air ; secon-dement, qu’il est asses difficile sans cette hypothese d’expliquer ,, parquelle raison des corps auffi rares Lc auffi peu substantiels que fönt laplüpärt des choses odorantes , exhalent si long temps leur odeur sansqu’elle s’epuise ; au-lieu qu’il y a quelque raison de croire , que cha-que corps prenant dans l’air & admettant par la disposition particulie-re de ses pores une matiere approchante de celle qu’il exhale , il peutaifement entretenir ce flux continuel d’exhalaifons odorantes , dont la;Masse des corpuscules communs lui peut fournir la matiere r puisqu’elleest composee de toutes fortes de substances , entre lefquelles chaque-corps choisitr celle qui lui est propre , par le moyen de Ja configura-tion particuliere de ses pores, qui a rapport ä la figure des corpuscu-les de la substance qu’il doit recevoir : Lc cela fast que les corps odo-rans perdent enfin leur odeur ä cause de la repaffion qu’ils souffrentpar l’action des exhalaifbns qu’ils reqoivent de l’air, lefquelles n’etantpas entierement semblables ä celles qu’ils exhalent , changent insensi-blement la configuration des pores: car cela fait qu’ä la fin ils ne peu-vent plus choisir, comme ils faisoient, cette espece particuliere d’ex-hahifoa.

Je suppose encore., que les causes qui procurent plus ou moins cet-te evaporation Lc cette introduction des parties volatiles , en dilatantJes intervalles des corpuscules Lc pousiänt ces parties volatiles capa-bles d’etre introduites, sont les causes de la chaleur, delafusion, Lcde 1’ignition des corps, suivant la plus grande ou la moindre force deces causes.

Gela'