DES CORPS. 49
est pure fans aucun melange d’air ni d’autres corps, par une raiTonopposee, qui eil sa tres grande force, qui lui fait abattre tous les corpsqui se pourroient rencontrer en cerre region; au lieu que c’est f a f 0 j_blesse qui fait qu’elle ne les peut plus abattre aux endroits qui föntvers le centre de fön mouvement: mais nous ne fqaurions etre con-Vaincus que toutes ces choses ayent aucune absurdste.
Enfin on peut dire , 11 l’on veut, que mes hypotheses ne me fcau-roient etre accordees que gratuitement, & qu’on aura auffi-tot fait deprendre la pesanteur comme une hypothese, qui n’a pas plus d’obfcu-rite que celles que Ton employe pour l’expliquer. Mais je repons quela plüpart de mes hypotheses, telles que tont la modification du mou-vement de la fubstance etheree qui fait les differentes vi refles des tour-billons, & la repugnance que les corps ont au mouvement, fönt deschoses dont on peut ailement expliquer les raifons, & en appuyer laprobabilite j 6t que quand il y en auroit quelqu’une, comme le mou-vement simple de la fubstance etheree , dont on ignoreroit la caufe,il n’y auroit aucun inconvenient , cette obfcurite erant dans tous lesPremiers principes , qui doivent toüjours etre recüs, quelque incon-nues que puiffent etre leurs caufes, pourvü-que ce qu’on y fuppofefasle connoitre la maniere qui les rend propres ä produire l’effet dontils fönt le principe , & que ce qu’on y fuppofe ne trouve aucune re-pugnance dans des faits averez.
11 saut avouer , que cette maniere d’expliquer les choses, qui föntinconnues dans la Nature, par des analogi es & par la comparaifon descaufes 6t des effets qui tombent* fous notre connoissance , demandebeaucoup d’indulgence , & qu’il est necesiaire que Tefprit fupplee cequi manque ä la comparaifon , en ne prenant que ce qu’elle a qui fei tau fujet j & il saut encore qu’il fupplee quelquefois & fournisle descirconstances , fans lefquelles les choses ne fgauroicnt fe faire ainsiqu’elles fe fönt, ä moins que de fuppofer une jullesl'e 8c une exactitu-de admirable & prefque incomprehensible dans la proportion qui sedoit rencontrer entre l’energie des forces mouvantes & la resiftancedes corps remuez: car st par exemple des corps legers jettez en l’airau-desl'us d’un vaisleau , le tont etant empörte par le vent, fönt com-prendre en general la maniere dont les corps qui tombent fur la Tcrresent emportez avec la Terre, cet exemple ne repond pas entierement
Phenomene pour l’explication duquel on l’employc ; parce que siccs corps legers fönt de nature differente , par la differente proportionde leur volume a leur pesanteur , il y en aura qui devanceront le vais-feau , & d’autres qui retomberont ä l’endroit meme qu’ils au tont etejettez ; ce qui n’arrive pas aux corps detachez de la Terre , qui doi-v ent tous luivre exactement un meme mouvement , pour paroitretomber droit comme ils fönt vers le centre de la Tcrre. 11'saut doncfuppofer dans le corps ethere , qui pouffe tous les autres corps, une
Tcme /. G fub-