TROISIEME PARTIE. Chap. III. r8z
sions que les objets font far les Organes des fens, qui ne font que des quolauechoses particulieres: carquoiqu’il foit certain que les betes ont quel-^ es ^ tesques connoissances universelles , erant impoflible de donner une autre en ? yentraison de ce que par exemple les chiens aboyent apres tous les Laquais » 5 ^^& apres tous les Gueux , quoique fouvent ceux contre qui iis fe met-, °terit en colere ne leur ayent jamais sitit de mal , cela arrivant ainsi,parce qu’ iis ressemblent a d’autres qui les ont battus , & la comparat- connois - 0son qu" il est necessaire de faire pour connoitre la restem blance suppo- sancesu-fant necessairetnent une notion universelle 5 il est pourtant vrai que”* ver ^"1 ’ufage que les betes font des notions universelles est renferme & borne es ‘ä certaines choses singulieres , qui leur appartiennent uniquement , &qui leur font abfolument necessaires} au-lieu que le raifonnement, dont1 ’homme est capable , s’etend generaleraent a tout ce qui peut etreconnu, traite, & manie dans 1’Univers, & meme par-dela, n’y ayantrien de si inconnu dont il ne railonne , & qu’il n’examine ; en forteque si les bdtes reiistisient si admirablement dans certaines choses , el-les font incapables de toutes les autres. Et il ne faut pas trouveretrange qu’ elles nous furpassent quelquefois dans 1 ’excellence de quebques ouvrages, & dans la figacite a 1 ’egard de certains objets particu-liersi puifque ne faifant que cela , leur attentior» n’est point partageecomme la notie pour une infinite de penfees differentes, auxquellesnous fonunes toüjours attachez : car cela fait que nous venons a boutde toutes sortes d’entreprifes, quoique chacun des ouvrages, que nousentreprenons, ne foit pas fouvent acheve avec la perfection que lesbetes leur peuvent donner. Ce qui vient peut-etre de Ia connoisianceparfaite qu’elles ont des choses particulieres, de meme que nous enavons ausli une plus parfaffe des generales , qui font la matiere de laPhilosophie, des Sciences, & des Arts. Ainsi quoiqu’on ne pulstepas dire que les betes foient capables de Science , de Philosophie , deMorale , ou de Politique , parce qu’ elles n’ont point une connoislan-ce expresse & reflechie des choses universelles ; il n’y a , ce me sem-ble , rien qui doive empecher de croire qu’elles fe fervent du raifon-nement interne pour la conduite des actions , dont nous les voyonscapables , & ou cette forte de raifonnement est abfolument neces-saire.
Toutes ces hypotheses pour 1’explication de ce qui appartient auxfens Interieurs , & les consequences qui en peuvent etre tirees , ont ala verite beaucoup de choses qui-ne s’accordent pas avec les opinionsrecites par la plüpart des Philofophes : mais elles n’ont rien , ce mefemble, qui enferme les contradictions qui fe trouvent dans 1 hypothe-se de rimpresiion des images dans le cerveau , ainsi qu’ il a ete expli-que : car la fupposition que 1 ’ame des betes n’agit point comme unemachine , que fa mansere d’operer femble etre spirituelle & du memegente que celle de 1 ’ame des homines , que la conduite & 1 ’ceconomie,
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