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Tome premier.
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-§r DU BRUIT

xaisonner Tut Ies nouvelles occurrences, 8c qui fair que quoiqu’on nkitpas encore experimente quel eft le fön des choses fufpendues par lesdoigts dont les oreilles fönt bouchees, on ne laisse pas d’ecre aflüreque le fon qu’on entend, pareil a celui d’une grolle cloche, n’est quele fon d’un morceau de fer: car cette connoillance n’appartient pointau jugement habituel ; quoique d’ailleurs il fair capable de raifonnerpar le moyen des consequences qu’il tire des observations qu’il a fairesplusieurs fois für toutes les agitations de l’air, dont les differences föntinfinies en elles-memes , 8c consistent en des choses prefque imper-ceptibles, 8c dont le jugement expres 8c distinct ne peut s’apperce-voir.

f e < l ue le La connoissance de ees differences si peu sensibles au jugement ex«iia^Titulr pres est aiiee au jugement habituel, ä-peu-pres de la merne manierede l’ouie que les inflexions de la voix des betes fönt propres pour fe faire aife-fcf EM connoitre leurs intentions les unes aux autres : car lorfque nousie e e ai 'entendons leur voix , ce qui fair que nous n’entendons point ce qu’el-les ont intention de signifier,ne vient pas taut de ce que nous en igno-rons la signification , que de ce que nous ne nous appercevons pascomme elles des differences qui fönt dans leurs divers accens, sautede nous etre appliquez des la naissance a observer toutes ccs differen-ces.

Or le jugement de l’oreille park longue habitude s’aquiert une fi^cilite, 8c devient ensin capable d'une certitude 8c d°un difcernement,qui n’est pas moins admirable que celui que les betes ont pour s’enten-dre Hüne l’autre. On sgait que dans la plus grande obfcurite de la nuiton ne manque guere ä aller droit oü l’on entend du bruit; 8c que lesArpenteurs dans les bois prenent fort juste les angles , quoique les ar-bres leur orent la vüe du lieu ou ils adreffent leur alidade pourvü?que Ton faste du bruit en cet endroit; qu’il y a des performes qui, par-ce qu’ils s’y iont accoutumez , ne manquent jamais ä difcerner le fonde l’or 8c de l’argent pur , non feulement d’avec le cuivre ou le fer,.mais auffl d’avec le mclange de l’or ou de largent avec le cuivre:,quoique le fon de ces metaux ne paroiste point different ;i ceux qui nefe fonc pas appliquez ä cette connoiflänce ; parce que l’or 8c l’argentpur n’ont pas toüjours le merne fon. Et cela arrive de meine quequand on entend parier quelqu’un qu’on ne connoit point. 8c fans levoir : car on discerne toüjours prefque infailliblement si c’est un hom-me, ou si c’est une ferame , nonobstant la diversite prefque infiniequi fe rencontre dans la voix de tous les hommes 8c dans celle de tou-tes ies femmes.

Cette facilite de difcernement s’aquiert- par I’habitude ä force desiipputcr toutes les emotions de l’air , en pefant les differentes refle-xions , qui fönt toüjours les meines felon ies detours que l’agitatianquill. fousiVe dans le bruit a. accoutume de tenir quand il vient d’un

cet-